méshumaine condition

  j’ai quitté la ville
  je crois même avoir pris un ferry – une vague idée de mouette…
  la seule urgence désormais, celle de l’éternité
  de n’avoir plus le choix, je suis enfin libre
  faudrait peut-être que je me remette à fumer

  y aller
  revenir au commencement ne recommence rien, mais essentialise celui-ci
  ou abat la chute à la racine
  l’univers aurait-il donc froid ?

  crève la bulle
  crève le temps quand ne reste que le temps
  je pose une photo sur ma vie, je caresse un certain rivage dans le sens du large
  je crois avoir vécu je n’en suis plus si sûr
  glissé sur une faille mémorielle

  oser mourir – qu’enfin la vie, ne nous concernant plus, cesse de nous effrayer
  ronger l’os, à défaut de chair, de nerf, de cercle
  prendre un car, n’importe quel car, patauger dans les balkans
  d’une méshumaine condition

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *