on ne retient plus les bords

  j’ai chialé du gravier, j’te jure, ma nuit si peu profonde
  j’me touche la joue, c’est directement l’os – et pour atteindre la mer, faudra t-il se toucher la queue ?
  quelque chose pue : le fond des choses, dieu en pays pauvre ?
  ou bien les pièges à taupes, un soir de grande banlieue ?…

  l’usurpation du fruit. j’ai perdu le sommeil
  plus je creuse et moins y a d’fond, la surface livide
  l’absence en évidence
  graver au doigt mouillé des poèmes en l’air – on meurt avec ce qu’on a
  même pas les paumes, même pas le poches : on meurt avec ce qu’on est

  les enfants volés, on ne les déragera pas. on ne retient plus les bords, à la fin tout s’envole
  un cheval a henni, à la fin tout s’envole
  on ne retient plus les bords

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