je préfère un caillou

  et c’est toujours en la lumière qu’on creuse, qu’on s’enfonce, qu’on s’aveugle…

  dieu de tous les trous, de toutes les retombées
  dieu non de vérité, mais de l’épuisement du mensonge
  brève éclaircie unijambiste éternité, espace bienfaisant sous mon ombrelle tachée

  mourir, simple accident de parcours
  blanche irrévélaltion d’un défaut de contour
  je me sens un caillou sur le chemin sans fin – toujours tenir
  un caillou dans sa main, faute d’orange

  chien n’attrape pas mouche
  comparer un homme à son néant produit de la pitié – et que pourrions-nous éprouver d’autre que de la pitié, nous à qui l’amour est défendu ?
  qui s’y colle n’en décolle

  prendre congé de soi, la main piochant machinalement dans le sachet de cacahuètes
  rester muet – tant d’années rester muet, et jusqu’au bout muet
  ressusciter à la moindre goulée, ne perdre le nord que pour de redécouvrir l’espace enfin,
  l’espace avant toute chose…

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