lundi sans faire de bruit

  j’ai la mort de tout un paquet de chewing-gums en moi et je m’emmêle dans le nom
  des roses, des orties, les horaires à l’aller, les horaires au retour
  je m’emmêle

  personne ne dure aussi longtemps. j’ai rage de dent
  je m’empresse tu t’empresses, on finit par s’empresser mutuellement
  ce n’est pas qu’il soit incompétent, mais je trouve mon dentiste
  un peu fatigué ces derniers temps. un peu triste même

  tu dégommes un lièvre de pure vérité
  sans l’attraper pour autant. j’ai l’intention de demeurer idiot, de ne pas
  ouvrir les placards, ni me retrouver
  en tel ou tel endroit, fauché comme le gel, empaillé de circonstance

  un homme est mort dans mes bras. lui a manqué la force, voire l’idée
  de me confier son nom, celui de sa mère ou de je ne sais qui encore
  je ne sais qui encore
  qui encore
  je ne sais qui

  une première vague, acrobatique, m’est tombée sur la gueule
  puis un silence étale, un silence qui
  prend son temps, prend tout le temps. c’est le temps du silence, du renard
  de la faim qui se nourrit de la faim

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