retour au tombeau

  à nouveau midi, dépourvu d’ombre
  j’enjambe un mort, deux morts, encule une verte gamelle
  quelque chose en dieu vire de l’œil
  vrille de l’aile
  cercueil en chute libre

  demain me détache
  du poteau
  lui répète après moi : arbre es-tu ? me manges-tu ?
  je repense à la seule et plurielle, je me rapproche
  – vive absence –
  de l’astre mort

  rembobiner la rame
  on se pense à côté
  on se chie par-dessus
  bord
  long ce jour ne mangeant pas
  de pain

  le retour en chimère, l’ouverture du tombeau
  au final on ne mange plus
  qu’avec les doigts
  la rage en moins, le nerf flottant
  je ne m’adresse plus la parole
  qu’en silences pesants

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