cheval de minuit

  il a bâti son image sur quelque chose de froid : un lundi de pentecôte, certainement
  un homme n’appartient pas aux hommes. un homme n’appartient pas à dieu. un homme
  n’appartient qu’à sa chute, au rejet inné de soi. c’est toujours le miroir qui, lui crachant à la figure,
  aura le dernier mot

  mieux vaut ne pas trop en dire : on finirait par croire
  qu’on a quelque chose à dire, ou quelque chose comme ça, quelque chose en tout cas, d’un genre particulier
  la pluie tombe à l’oblique. plus ou moins à l’oblique. rester là droit, inerte et droit ne me
  mènera pas bien loin

  ce n’est pas de la tristesse vraiment, ce n’est pas
  de la mélancolie – cette rivière sans poisson seulement, ce pêcheur sans filet
  cette rivière sans rive naturellement, ou ce chapeau sans tête
  et peut-être un peu de tristesse malgré tout, peut-être même un peu de, comment dire,
  mélancolie…

  où le maître des misères – de ma misère en l’occurrence
  comme s’il en avait mare de me voir crever la dalle, m’ôtait enfin la faim
  et ne demeurait du maître que la misère en soi, une assiette de
  topinambours
  – ils sont tout cabossés, les topinambours

  dieu d’un lopin de terre, dieu
  d’un bout de monde, jour de grève et si peu de conviction, au fond.
  j’ai bu trop d’eau. tant d’eau j’ai bu que j’en viens machinalement à
  recracher des algues, des méduses…

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