il pleut des trous partout

  ça marche comme ça marche, à moitié vide tandis que l’autre moitié
  plus vide encore, sauf qu’on n’en parle pas, de celle-ci
  d’ailleurs en général on évite d’aborder cela dont seul il faudrait
  se soulager. un mur m’a rencontré. un mur a gravé
  son nom sur mes lèvres. nous n’avions plus
  la langue de nous enlacer. alors on a fait pouce. alors on s’est fait chier

  mais si le danger n’existait pas, je ne serais pas là pour en causer. je ferme la porte
  je ferme la porte à clé, enfouis la clé
  tout au fond de mon ventre. je voudrais n’avoir jamais à la retirer or
  chaque matin j’accouche d’une clé, d’un excrément en forme de clé, de fenêtre qu’on ouvre, de coq dont on
  coupe la crête. j’assure mes avants

  chien la moustique. le reste pleure avec moi
  pas besoin de larmes pour pleurer – exister suffira. suffira le temps. suffisent les chiures de piafs lambda
  exceptés ceux du large évidemment, lesquels appartiennent au large exclusivement, ont lâché prise
  ne reviendront plus becqueter du littoral, intérieur comme extérieur, ce littoral
  inversé dans la mémoire

  et à quoi m’avance ou m’avancerait-il de comprendre, de savoir ?
  les paumes appuyées sur le pavé vert de ton dos, je n’y pense pas, ne pensant néanmoins qu’à cela
  yeux, oreilles , nez, bouches – toute notre sensibilité se concentre au travers de nos trous. les trous sont dans la place et depuis que moi vivant,il pleut,
  il pleut des trous partout

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