les urnes se vident. dieu s’en va. bientôt l’homme tombe
et son histoire suivant de près, dans un même oubli
imagine : sans limite sans fin, sans attache ni, comble du désintéressement, conscience aucune
qu’un chien aboie. qu’un chien, sous la pluie, ou toute pluie cessante
seul contre l’immensité
aboie
je n’ai pas beaucoup d’appareil, admettons que je tremble sur place
m’abonne à l’absence drue
carrément m’abandonne
une austère tuile de vie
tu me demandes où aller comme si je savais moi, étendant les bras vers toute direction
direction creuse et ventre vide – où va le chien,
tombe la crotte du chien
ne pleure pas contre moi, laisse au moins
un centimètre d’espace par où goutte et coule
le liquide lacrymal, les jambes et la crème épilatoire, le rasoir
j’m’enfonce un pieu dans l’cœur. j’ai rien à faire, alors j’m’enfonce un pieu dans l’cœur
la chemise en lambeaux, les trois petites sœurs de la miséricorde
je m’achète une dent. l’aide à la complémentaire ou je m’achète une dent
tremplin vers le néant
la prescience du vide
on s’amuse comme on peut – bon, ici on ne s’amuse pas, on respire. on écoute
on écoute un chien ne pas aboyer. l’énormité de cette absence d’aboiement
et puis on s’endort. on finit toujours par s’endormir. on s’endort sans y penser
Laisser un commentaire