un chien m’a battu dru. ou le degré zéro de mon rescapage
il pleure sans cesse. sans cesse on lui tape sur la gueule, et lui ne cesse de larmoyer
je ne m’appelle plus rien. même pigeon, je ne me souviens pas. ne pas se souvenir constitue la limite
au-delà de laquelle
je ne suis plus que rien, enfin, et l’admire de plein pied
dis-moi la gravité de l’âme, du cœur, et de la chose en soi
de la radicalité, de la verticalité, toute cette gentillesse
le mûrier qu’on n’empêche pas, l’orgasme au bout des doigts
– quel poids de larmes supporte t-il, celui qui jamais n’a pleuré ?
un chien s’est introduit dans mon bain. disons qu’il n’aboie pas
mon corps s’est tout décomposé. il ressemble à ma mère, il ressemble à mon père, ainsi qu’à leurs pères et mères, pères et mères de ceux et celles-ci…
j’ai soif d’un rien qu’on ne commette pas, ni n’entame
un peu comme le gland qui pourrissant sur place évite le porc, évite la mort
quitte à puer d’la truffe
Laisser un commentaire