la dernière fois que je suis mort

  sans ça, il n’est rien
  il ne chien pas beaucoup. si les morts
  se relèvent la nuit ce n’est pas pour aller pisser, je crois
  nos tristesses surnagent, de fonds de verre en
  rases campagnes. quelqu’un dans le lointain, et de tout temps
  ne m’appelle pas

  le rien qui m’occupe
  regarder le ciel et y déceler comme la trace d’un
  en-deça de tout, petit miroir flottant, page qu’on tourne
  café bouillu
  un jour lever la main un jour la voilà
  retombant inerte le long de cette
  absence qui me démange

  me dire les choses sont comme ci, les choses sont comme ça ou me
  raconter tout un tas d’histoires alors que moi je demeure
  éperdument amoureux de ton nombril, ton seul et unique
  nombril, poser le doigt dessus dedans, sentir en moi
  refluer le vide et remonter
  l’éternité…

  hors de. au bord de. en marge de. penser à mon nom,
  à chaque lettre qui tombe de mon nom,
  à Jésus qui s’ennuie loin de sa croix, mais si près
  de mon ennui à moi, plus bas, plus bas se contorsionne

  la dernière fois que je suis mort je n’ai même
  pas pris la peine de descendre de vélo, le reste à charge, le
  temps qu’on passe à le semer, je me suis habitué
  j’ai pris mon poumon entre les deux mains et j’ai soufflé dessus, je me suis habitué à
  me rater de peu, de si peu de si
  énormément peu

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