on se met à fumer quelque chose exister nous perturbe

  quand on se baisse on se lève, vers le bas
  et c’est ainsi que se mesure la distance nous séparant de nous-mêmes, comme si
  nous n’étions que fond et ciel et qu’égarés dans
  l’intermédiaire, nous fredonnions une berceuse, une
  simple berceuse

  une femme se tenait là, elle parlait sans bouger je crois que
  j’aurais pu me pendre devant elle qu’elle ne se serait
  pas interrompue, immobile, toute habillée je crois même
  qu’elle me voyait déjà comme un pendu, un absurde pendule et c’est pourquoi

  avec mes allumettes je cherche une flamme, une flamme pas comme les autres bien que rien
  ne l’en distingue vraiment. personnellement ça me rend dingue, en mal d’humain je te le dis, ça me rend dingue
  voilà. on se console comme on peut à coups de pieu dans la poitrine,
  de gousse dans les narines…

  chaque fois que je t’aime je perds un peu de ma roseur, de ma rosée. je ressemble
  de plus en plus à un âne, avec ou sans le hoquet. tout me parle
  du jour où j’ai failli être. après c’est vrai que ça pue la marée basse
  et même extrêmement basse

  à force d’être mort on finira bien par
  éjaculer quelque chose, accoucher d’un fossile, d’un printemps momifié
  resté coincé dans l’attente
  répondre absent, alors même que nul ne fait l’appel
  le plat qui se mange froid et tout et tout, on ne sait plus de quoi

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