moi pas

  il va vers le corps, et le corps vers le vide
  il déclenche une guerre, la guerre se met en grève
  il dit qu’il rentre chez soi mais reste là, chez soi
  il ne bouge que lorsque la maladie, à bout de lui venue
  l’achève enfin

  je ne parle pas de mes vacances, mes vacances
  s’enlisent mes vacances
  se carte-postalisent – j’aspire au même, à l’obstinément même
  bref un vide en substance

  il recourt au subterfuge. recourir est un style qui lui convient
  il dit qu’une hirondelle ne dure pas longtemps. or elle dure
  lettre après lettre, des femmes lui ont arraché son nom
  une personne un destin, c’en est déjà trop pour lui – il prétend fuir de soi
  pour enfin fuir tout court

  je me pose là, au centre de gravité de la chambre telle
  une mouche sans danser, une prise sans courant
  il fait beau dès qu’on n’y pense plus, je n’imagine rien et le rien peu à peu
  lumineusement m’envahit

  il s’adresse à sa droite, il s’adresse à sa gauche
  puis leur tourne le dos, lumineusement leur tourne
  le dos.
  il emporte son verre. son verre transparent. transparence le
  trouble, le traverse

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