cligner des cieux

  si je réfléchis je travestis
  eh bien travestissons

  mon allumette, ton souffle
  s’éteindre et s’allumer
  passe un coup d’chiffon sur le miroir et voilà

  quand j’habite une cruche je dis j’habite une cruche
  – eau, poussière, araignée –
  mais là vraiment j’avoue, je ne loge qu’en
  ma propre absence

  la mer au bord du fond, la vague en train de fondre
  – t’éjacules un
  grain de sable et voilà

       personne ne m’a dit alors comment tu
       vas non vraiment t’as l’air de rien main
       tenant tu manges du rat bon, ça pourr
       ait être pire

  j’ai récupéré un manteau
  j’ai recousu le manteau
  puis remixé l’hiver

  qui nage pend. au bout d’un moment, qui nage pend
  qui s’lave les dents s’lave les os – de toute évidence les dents sont du squelette et en quoi
  cela nous concernerait-il ?

  qui meurt dedans meurt dehors
  c’est comme ça que ça se passe que veux-tu : qui meurt dedans
  meurt dehors

  j’ai foiré ma naissance
  je croyais que c’était ma mère la fautive mais non, j’ai vraiment foiré seul ma naissance
  ça ne prédisait rien de bon, et rien de bon n’arrive pas seul :
  il bave sur ma cuisse

  depuis ce jour-là, ce dernier jour des temps,
  lui par terre et elle debout…

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