gogol champagne, gogol ardennes

  à la fin des temps je me tais
  face au paysage verglacé je  me tais
  je me tais dans mon slip, je me tais dans ma mort
  paysage en trompe-l’œil. j’arbitre une balance
  pèse pas lourd à la balance

  je m’jette de là
  je m’jette de partout mais là de là et pis c’est tout
  autrement dit je rêve, là tandis que je rêvasse
  le fleuve trempe devant moi – le fleuve trempe devant quiconque, et leurs pieds mous
  leurs pieds sont mous

  la mort donc la mort. moi est un autre déchirement encore
  même mort, un autre déchirement soit dit
  on ne m’enlèvera pas ça
  je soulève une mouette, j’inhume un jour de vent – non : je ne fous rigoureusement rien
  et tant que je ne fous rien, m’aime le trèfle
  qu’à plat de couture me batte le temps, m’aime le trèfle

  j’aurais pu déborder. d’un lit par exemple, de quelque part en tout cas
  quelqu’un pénètre dans la demeure. quelqu’un la porte à clé
  on finit tous en croûte, à un moment donné. malheureusement en croûte, d’un autre côté
  moment donné c’est déjà ça

  j’avais un mort et il m’a gueulé d’sus. je ne veux pas du mort j’aspire
  au plus profond silence tu sais
  et si personnellement j’ai rien compris, ne rien avoir compris
  m’offre des fleurs tu sais
  des fleurs à s’en décrocher la narine

  on s’envole dès qu’on s’envole, à partir de maintenant allez hop, on s’envole
  et sinon on survit. tant qu’on vit on survit. qu’on survit on meurt pas
  on a les boules d’ennui, les boules d’envie – on sait pas quoi choisir
  on n’sait plus quand dormir. alors on s’envole.

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