il y a des gens tristes, et il y a moi, déambulant entre les rangées de petits pois
marmonnant en langue antique, ou ne marmonnant pas
je vois un orchestre, tout un orchestre, rester là silencieux
parfaitement immobile
toutes mes femmes sont mortes, ou quasiment
même si je ne vois pas vraiment ce que « quasiment mortes » pourrait signifier. j’accorde mon violon
à mon violon – quoi d’autre. je m’accorde
à mon propre désaccord – quoi d’autre
la route est partie sans moi, à l’heure des éboueurs
l’heure d’un déraisonnable demi-sommeil, demi-sépulture
t’embrasser sur la bouche m’a laissé sans voix. sans dents
c’est pas tous les jours si méchant
Troie sans cheval, trois sans galop, on s’attellera demain
on s’attellera au vide qui pleure
à quoi sert d’être aveugle par une nuit si noire ? à quoi sert la nuit noire quand t’es de toute façon aveugle ?
à avancer, entre les pattes du loup, droit sur le chien
mes femmes sont toutes quasiment mortes, comme si quasiment faisait la différence
j’emprunte une gomme. ça ne suffira jamais pour tout ce qu’il y a à effacer
donc en priorité je m’efface. je me tourne de l’autre côté, du côté sans miroir je m’efface
je m’efface
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