montre-moi donc le champ
où les morts, les tenant par la main, promènent leurs vivants.
mon cheval est fatigué – tellement fatigué qu’on n’y voit plus qu’un âne
étrogné de naissance, alerte en rase campagne
les morts ne me parlent plus. ou pas
ou pas plus que ça.
j’avance à reculons cela
n’intéresse personne je sais, ni le fait
qu’être mort ou prier dieu finissent par se confondre
dans un sens comme dans l’autre, à la triste fenêtre
si tu veux j’ai soif de dent, j’me suce la langue
si tu veux j’ai mal en point, de me sentir
si peu digne du haut, ou d’un quelconque de ses
provisoires substituts, amen amen
pour les reines, je me déguise en fève. je meurs chaque fois
à contre-temps
mais raconte-moi un jour heureux, un jour
qui ne fasse de mal à personne
pas de boussole, pas de bilan carbone : rien que l’amour
à tire-larigot
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