l’aumône d’une mort sûre

  porte à côté, miel délabré – j’entre par ci j’entre par là, pour encore me trouver hors
  plus de jour devant moi, plus de jour à me
  gratter le dos. minimal hivernal.
  hiberner rentre à pied, toujours à pied
  gloire au petit canard boiteux

  qui rêve d’un autre, qui rêve de soi
  d’un autre soi, soquettes au vent. rien ne répond
  à rien rien ne répond.
  ma gueule d’un autre bois, le trou du cri mais sans le cri. on m’attache
  par un bout. par un bout c’est tout

  me mentir à soi, ivre de non-moi
  le non-ivre, chute forcée. le trou-mère.
  il part de quoi, le sans issue ?
  mon cheval s’arrête à toute gamelle, rétrécit
  puis s’appuie sur son ombre, laquelle ne cède
  que sous l’aveugle

  je me parle tout seul, je me parle à personne. quiconque est mort
  attend le jour ne se
  rendorme plus. mon ver, malade. mon arbre, tari.
  un chant court entre les dents, s’assied devant l’Elbe
  le regarde filer, distraitement

  tout cela ressemble à un bras. le duvet sur le bras.
  peu de neige cette année, partout minimalisme. le temps minimaliste.
  je me cherche à tâtons, je me cherche un nombril, caillou à bout de souffle.
  rien que pour me perdre encore, me perdre plus loin encore…

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