à la fin tu me rencontres et tu me tends la main
effroi à l’idée de saisir cette main, ne sachant si je dois m’attendre à la froideur moite d’une main de chair ou au spectre d’une pure abstraction
l’affectif fait dans son slip. un accident. ça arrive
ce rapport oppressant entre le vide d’une part, et l’indéboulonnable de l’autre…
rien ne s’arrête. le décor change.
la pluie d’abord tombe sur la pluie, c’est triste
on s’y fera
qu’il reste des choses auxquelles on ne se fasse pas prouve que nous n’avons pas totalement disparu, cela nous résumant à un
toujours-ça-de-pas-perdu
mon chien a une mémoire, mais alors une mémoire de ouf
pas qu’il ait quoi que ce soit à se rappeler, simplement le temps sur lui
semble glisser, ou du moins n’avoir pas prise
ça m’arrive je l’avoue, je me lève la nuit et je pisse sur la tête de mon chien
rien que pour déceler en son regard l’expression sincère de sa dédaigneuse pitié
mon corps dit à mon corps eh, respire, détends-toi, crache le sang
va au diable, lui répond le corps – son corps
c’est sans fin. il obéit. se rebelle puis finit toujours par obéir. littéralement se chie dessus
il se rêvait un ange, littéralement
et je me suis mis à téter, à téter comme un fou, sans pouvoir m’arrêter
moi qui n’ai jamais été au sein, et même sous-biberonné, parait-il
dans le cylindre que forme la serviette il y a un cul, des parties génitales, une honte ou plus précisément, une douleur muette
une douleur muette c’est à dire une paire de rames quand manque la barque, un genre de Troie qui n’aurait
jamais vu la voile du moindre navire grec
pointer à l’horizon…
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