la nuit sans qu’on s’en mêle

  concrètement ça s'passe comment
comme en sursis, comme à la mer, c'est à dire qu'on n'en voit pas le fond
seulement l'abrupt
je me fais la courte échelle - concrètement ça s'passe comme ça, je me fais
la courte échasse, la longue malle



pom pom boy et tout ce qui s'ensuit
le billard à trois bandes, les points sur le a
une âcre odeur de sexe
je me suis assis dans un coin. un fleuve ou toute une mer, je ne sais plus
coulait en contrebas



tu danses seul à seule, rajoutant des e muets en queue quasiment de chaque mot
chaque syllabe
chaque lettre orpheline
des bêtes y en a tout l'temps, prêtes à te bondir dessus
ou comment de proie se faire croix, se rendre inattractif



vivre de quelque chose, même en désordre
comme une dame dont on pourrait pincer et tirer le téton
figuier sans figue, raison que n'incommode nul principe
vivre de trois fois rien, à penser qu'en soufflant d'sus, ça finira bien par germer
quoi qu'il en germe



je n'ai pas beau, fatal. je ne maîtrise
pas l'art du souffle, non plus
s'assoupir le bon congé, la vaste lande. s'assoupir du pied gauche
quand tout faisant mystère, transparaît l'évidence...

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