faire sans

  vivre me bar-tabace
à chaque fois
pour une raison ou pour une autre, probablement pour
nulle raison. il n'y a au final
pas de raison voilà, vivre me
bar-tabace c'est tout



sournoise o mer-tourmente - quand dieu-même ne saurait,
systémiquement, me combler.
néant, plus que néant, rien que néant, au large de l'au-delà
et plus profond encore.
le dé à coudre d'une main, de l'autre l'océan...



chacun son petit bidon, faisant la queue au puits
ta mère jadis, ta mère m'a dit
il faut une vie pour vivre, une vie à vivre, une mort pour mourir mais là fous-moi la paix
mais là fais pas de bruit - laisse-moi, sur le silence étendu,
faire à jamais la planche



j'appelle une berge, une berge s'approche, s'apprête et me lance un "retourne chez toi métèque, et nique ta chèvre"
je lève les bras je ne m'envole pas - mes bras quoi qu'ils brassent
ne sont pas des ailes. je lève la patte ça dégouline de partout, ma patte quoi qu'elle en pense
ne paye pas de mine
alors j'explose et je dis rien, j'explose
d'inconséquence et je dis rien



une nuit je m'imagine. le jour je tombe des nues.
la zone. la mouise. le mitard.
face au miroir se prendre pour soi, comme si de soi, comme si de ça
j'y arrive mais à peine. et à peine y arrivai-je
que déjà foutu l'camp

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