field commander ali passe la troisième

  quelque chose ou la nuit, encore, fait mine de m'effacer
j'aspire l'écho frileux des brumes - en moi se noie gris l'océan
j'y pense, mais de façon si maladroite, et malencontreusement
à la fin le lit s'étire : je reste nu, sans un contentement



quelquefois oui mais parfois, sans faire attention, presque par mégarde
je m'achète une distinction, à bas prix comme on dit, je m'achète un dollar vide
je sais que je ne ressemble à rien. en tout cas pas à ça, qui s'éloigne titubant, titubant au-dedans



un rivage désuet. des cailloux qui font pshit
la mer ricochant sur un point d'horizon - à ne pas confondre avec celui d'alençon
faire le tour du néant ne m'aura rien appris. j'ai mangé ma chanson



de jolies dents. de celles que l'on casse quand on n'a rien à faire, poupée sur le déclin
il y a un œil pour ça. il ne cligne pas. ne se rend pas à la salle de sport une ou deux fois par semaine - le mardi et le vendredi, par exemple
il pense que s'il est mort, il n'a absolument aucun moyen de le savoir, ni même de s'en apercevoir



c'est la dernière fois que je te regarde. la toute dernière fois
l'ascension ne se fait pas en hélicoptère. pas d'autre aile au christ que les bras d'une croix
croix de bois croix de fer, tu reprendras bien une bière. il fait souvent froid ici. froid et pluvieux. même en hiver

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