tiens, montre-moi ta main. montre-moi
ce que tu as dans ta main. ne cache rien
ou seulement en pensée, dans le fond de ta pensée, cache ta main, ta main avec
tout ce qu'elle contient, ou ne contient pas - montre-moi le vide le grand vide
de ta pensée
je me cache sous une feuille. une feuille c'est exactement ça. ça me brûle les doigts
il me manque deux doigts, deux doigts sur le milieu, plus un sur le côté
un pouce me suffira, certainement me suffira
et le bruit de la mer...
je me promène trop vite. l'angoisse de rentrer me submerge. est-ce qu'elle submerge, l'angoisse ?
non, je ne pense pas
je ne pense pas assis je ne pense pas debout. je m'allonge sur la pensée et là je rame avec mes deux petites paumes tendues
est-ce qu'elles rament, mes deux petites paumes ?
non, je ne pense pas
un humain de travers, qui pousse de travers, pour un pet de lumière
j'ai perdu mes lunettes, je ne sais plus aller. un humain de plein pied s'allonge à travers champ
Ai Aso penchée sur lui murmure un chant funèbre un chant
systématiquement funèbre. si funèbre soit-il
il mange du cheval et boit de la limonade. c'est un enfant timide, un enfant recroquevillé
la terre fume la carpette, le ciel pompe toute la pluie. il fait si froid dedans, dedans, cible du froid
l'horizon malgré tout, l'horizon coûte que coûte
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