insalubre soleil

  ne t'approche pas
ni de moi ni, reste à distance, c'est à dire de
l'autre côté de nulle part, un peu plus à droite, là
j'ai mal à mon poste, j'abandonne mon poste, là
et donc ne t'approche pas, ne reviens pas vers
ce qui n'a ni début ni fin, mais te regarde là
te dérobant...



je regarde loin loin derrière moi, par une funèbre après-midi de bruine
cours devant, allez vas cours devant, que je ne
te rattrape pas, ni en ce monde
ni dans l'autre, l'ici-absent,
le détournant



d'une autre vie jachère m'encombre, je ne sais plus quoi
penser, pleurer - elles batifolent comme des tarées elles batifolent
à tire d'aile dans les airs, tétons en lutte
comme émergées du vide
ou échouées là



tourne ton visage vers l'est, suscite-moi. un grand vertige
un grand vertige c'est tout
une poupée tendance grise
ajoute un homme, à un autre homme, rajoute un homme
sous un tas d'os, un ciel immémorable, disons
de longue haleine. il pleut quand même
c'est mercredi



l'amour mange à sa droite. ça se passe comme ça
l'immesurable longe les murs, retient son souffle
tout redevient comme avant, avant quoi que ce soit
c'est peut-être mieux ainsi. on se tourne de l'autre côté
de l'autre côté, presque toujours et à jamais

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