traverser la chambre en diagonale pour se retrouver là, dans un vide
définitif, irrévocable, à sa façon très séduisant, étonnement sexy
on coupe le son, on égorge le pianiste, on brise
les jambes du danseur, du danseur probablement
un jour je me trouvai là, là exactement
où je ne l’étais pas et d’où je n’avais pourtant
jamais bougé
tout ce qu’un dieu te dit de moi, ne le crois surtout pas.
j’ai bouffé mon cheval, j’ai sucé la moelle
de mon cheval – même la selle y est passée, je n’ai laissé
que l’acier froid d’un étrier, le sadisme de l’éperon. et maintenant ?
et maintenant, la carcasse à tout vent, je prie, je prie
je n’sais qui je n’sais quoi, et qui n’arrive pas…
et moi en nœud coulant je ne suis
fait que de corde, raide, intransigeante. j’adore ton style
de timide salope, d’immaculée sociopathe, j’aspire à l’ombre
la plus claire. on se serre les coudes on écarte les bras – quelles ailes déployer, hein, quand seule une peau
borde les os ?
la dernière fois c’était l’horloge, j’ai failli crever
d’une aiguille mal passée. le vent sans y paraître souffle
dans le sens du vent. si je te marche excuse-moi
sur les ovaires excuse-moi si je te marche
sur la mer morte je l’ai vraiment
pas fait exprès
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