on se donne la béquée, on se fait manger
mutuellement. dans l’enclos tout n’est
qu’épines et sabots, nos ballons
ne décollent pas du sol ou de nos bouches, nos baisers
restent lettres mortes, retournent à la poussière – c’est pas faute
d’avoir tendu le cou
l’arrière-saison. on n’ose plus mourir, on fait
ça par procuration, comme le reste
plus t’es belle et plus je tombe à l’eau – que disais-je
ah oui : l’arrière-saison. il est temps
d’aller visiter la mer
nulle part où rentrer – à quoi bon donc les jambes ?
je m’endors sur le côté, celui-là près du gouffre
me rassure le gouffre
m’enfoncer dans le vide, toujours plus loin dans
le vide. ça pèse pas lourd, le vide
berce-moi
d’illusions ou alors attaque là, mords-moi
au talon, à l’abdomen, arrache-moi un testicule
j’ouvre un livre, les yeux collés
sur la même page, n’importe quelle page du
moment qu’elle ment, ou ne recycle
que la cendre d’un regard
une absence en sursis
bref
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