tomber amoureux de nastassia philippovna

  il y a des gens qui pleuvent beaucoup, pleurent du beurre
  et dansent en boucle les raisons profondes de s’abstenir, tel qu’on se tient droit et droitement à plus ou moins
  longue échéance on meurt, juste mais alors très juste à
  côté de la plaque

  tombe après tombe, ban de poissons traversant l’espace ou rasant
  le gazon. entre nous la verveine, la poisse sous le bras
  et le vide du cœur. j’abîme un certain temps, ou alors je médite: je médite
  ces bombes réfractaires, ces éclats d’obus clairs et j’en appelle
  ams stram gram et j’en appelle…
  écarte-moi les g’noux

  quelque chose meurt depuis la fin des temps et je n’ose y dire quoi
  champignon vénéneux, qu’on lèche dans le sens d’un sexe à l’envers, un sexe à reculons
  bras ballants de la sainte trinité j’abats le jour
  à la faux comme à la fraîche, j’abats le jour
  jusqu’à me gratter l’cul de la pleine conscience

  j’oublie un ch’min. je remonte sur le pont j’oublie d’une route – entre la mort et l’infini se dresse un triste musicien
  j’embrasse ta bouche. jusqu’à en user la langue les lèvres à la corde, j’embrasse ta bouche. jusqu’à l’os de la bouche j’embrasse ta bouche
  s’est pendu le musicien à chacune des cordes mais que veux-tu moi, je n’oublie pas ta bouche

  du zéro à l’infini la droite est courbe, la gauche s’enferre dans la mer anales coulent les larmes du pendu universel, de sa mère ou de sa femme, j’ai fait le tour de l’univers en un seul vélomoteur
  sa fille avait déjà fui le foyer, une fois trois quarts le tour du néant
  poker menteur, pouilleux massacreur, comprendras-tu jamais à quel point je suis vivant, désespérément vivant ?

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