t’inquiètes, il y a des gens
il y a des tubes aussi, à peine tiennent debout, et dont le contenu, gélatineusement…
des hommes pensent que leur vie ne changera pas
ou pas trop
ou pas trop pire
puis se trompent de manche ou de jambe le matin au réveil
se trompent de tout
tant qu’on meurt pas on est vivant, se rassurent-ils
et d’autant plus tant que l’on meurt, persistent-ils
un chien bordel, un chien
ça ne mange pas de pain. cela n’a rien à voir
j’ouvre en grand ma conscience, et ce fut l’orifice
le lankavatara en rouleaux de six ou douze
la gravitation certes, mais en fonction d’un centre qui n’existe pas, la rage sans les dents
je t’apporte un chou, voudras-tu de mon chou ? cuiras-tu mon chou, mordras-tu
dans mon chou ?
séquestre ma conscience, l’annulaire sent l’alliance, déliquescente…
je sais pas comment faire pour vivre encore, ce fabuleux tour
de prestidigitation – respirer par le nez j’imagine
par les poumons tant qu’on y est
ne suffit pas à faire d’un être un être vif, moitié vivant pourtant
j’allume un clope
je sais qu’ainsi surgit le temps, décroche le temps, décrotte la mariée
on se rend compte de rien – personnellement, je me rends compte de rien
et ça prend toute la place
un ciel en mille morceaux, une puce à l’oreille
je m’entends bien, m’écoute peu mais m’entends bien
je savais qu’il y aurait un homme
je savais qu’il y aurait une femme
(nuage et foudre dans l’entre-deux, à moins que ne prolifère le mouron)
mon petit chien l’a dit et mon petit chien ne se trompe jamais je l’ai décapité pour ça
et pour bien moins que ça
on ne doit pas traiter les gens ainsi m’entends-tu
ni autrement d’ailleurs – d’ailleurs,
on ne traite pas les gens
Laisser un commentaire