même pas mort !

  un jour d’entre les tombes
  je ne sais pas, je n’y suis pas
  allé me promener, comme on se promène quand
  on ne sait où aller, ni que foutre
  que foutre, surtout

  mon chien rafle les restes
  enfin, c’est ce qu’il ferait si seulement j’en avais un, seulement en avait des
  mais pas de clebs, pas d’os – rien qu’un
  joli petit tas de cendres rien qu’un
  ultime téton de braise

  un lieu, source à vide
  un lieu, pomme moite
  je me reconnais dans le miroir bien plus que dans l’image
  qui désespérément s’y raccroche, béante étreinte
  sauf si un grain, de beauté frelatée
  enraye tut un homme, de beauté frelatée

  une fois qu’on y succombe on y
  succombera encore, principe du trauma. j’ai mis
  mon tee-short à l’envers, j’enfile un vide
  faut le dire à personne: j’enfile
  un vide

  la dernière fois que je me suis vu, je me suis
  définitivement reconnu comme n’étant
  pas moi. les sports d’hiver.
  sans ça on n’a qu’à faire comme si de rien, sachant qu’au fond vraiment
  vraiment de rien

  un homme me tombe des mains, une existence, un jo-
  li pot de fleurs.
  que j’aime rester là, comme ça éveillé jusqu’à
  la fin des temps, même sans les fleurs

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