la toilette du mort

  il n’y a pas de maison pour moi, pas de chose qu’on n’ignore

  les fenêtres mobiles, paysages immobiles, les lueurs silencieuses

  quelque chose hors du temps s’est glissé et remonte le sang. on dit qu’il n’y a plus de place pour lui

  qu’il n’y a plus de place pour moi, ni de maison non plus, que les dites fenêtres ont tout recraché

  que plus rien ne m’incombe, rien que je ne concerne vraiment: le paysage
  me tourne le dos

  qui dit moi le premier s’en aille. les autres également. que tous s’en aillent

  seules demeurent les femmes asexuées, ou enceinte d’enfant mort, et dont les gestes font silence et le silence ne porte
  à conséquence

  chiffons de poupées

  alors tant mieux s’il est trop tard: s’il est trop tard c’est que le temps ne nous mord 
  plus aux talons

  s’il est trop tard c’est que plus rien ne réprime nos solitudes, et qu’hors nos mains nos doigts se nouent

  nos langues se délient

  nos visages se dénudent

  . on se lave dans la mort

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