ballade fauchée, poème bâclé

  la vie ne pénètre pas jusqu’aux entrailles – il fait trop froid là-bas
  je pense à toi, et je ne pense à rien
  ça va ça vient, ça ne ressemble à rien
  ça ressemble à ça, là: s’arrêter sur le pont ne pas
  chercher plus loin

  .

  il ne faut pas grand chose pour faire un miracle, tu sais
  je parle de la misère intérieure, de la souffrance morale comme paratonnerre du miracle
  on avait tellement mal qu’on ne s’en souciait plus
  qu’elles sont belles, ces villes reconstruites au cordeau derrière les bombardements
  – on se croirait fumer un joint dans un cimetière militaire…
  .

  pourtant j’aime mon ballon, lâché dans l’air et qui m’échappe
  je rêve qu’un jour dieu et moi ne nous dégoûtions plus…

  .

  j’ai pas soif
  je sais que c’est terrible, mais j’ai pas soif
  la vie n’est jamais plus vraie que lorsqu’on en déchiffre le mensonge mais on s’en fout:
  toute la pitié, toute la pitié je voudrais la concentrer
  en un geste anodin…

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