j’ai la mort de tout un paquet de chewing-gums en moi et je m’emmêle dans le nom
des roses, des orties, les horaires à l’aller, les horaires au retour
je m’emmêle
personne ne dure aussi longtemps. j’ai rage de dent
je m’empresse tu t’empresses, on finit par s’empresser mutuellement
ce n’est pas qu’il soit incompétent, mais je trouve mon dentiste
un peu fatigué ces derniers temps. un peu triste même
tu dégommes un lièvre de pure vérité
sans l’attraper pour autant. j’ai l’intention de demeurer idiot, de ne pas
ouvrir les placards, ni me retrouver
en tel ou tel endroit, fauché comme le gel, empaillé de circonstance
un homme est mort dans mes bras. lui a manqué la force, voire l’idée
de me confier son nom, celui de sa mère ou de je ne sais qui encore
je ne sais qui encore
qui encore
je ne sais qui
une première vague, acrobatique, m’est tombée sur la gueule
puis un silence étale, un silence qui
prend son temps, prend tout le temps. c’est le temps du silence, du renard
de la faim qui se nourrit de la faim
Laisser un commentaire