la nuit mange-moi tranquille

  fermé
  fermé dedans
  fermé dehors
  fermé partout
  en bloc

  je serai là quand
  plus rien ne sera là
  – le courage d’être nu
  l’absence en embuscade

  ni dedans
  ni dehors
  dans l’entre-deux fuyant

  interstices par lesquelles
  s’immisce le rien, se
  crètement majoritaire

  ou simplement suçant
  nébuleux
  le sein de la méduse

  hors l’ombre
  hors la clarté
  dans l’intimité-maïté

  la flaque ne
  s’envole ni ne tombe, alors transparaît
  l’étendue clandestine

  l’absence prend son temps

  la chatte sans le doigt
  le baiser sans pépin, l’espace
  se recroqueville

  je perds un os
  je perds trois os, je perds
  toutes mes eaux

  sosie mélancolique
  les deux faces d’un trou
  creusé à même le vide

 

la nuit mange-moi tranquille

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