dieu d’un immense soupir, blanc oxygène une fois la dernière page
tournée, retournée en tout sens, fumant mauvais encens
dieu d’un unique tourment, ultime testament, je me soumets comme au vide on se jette
humide encore
de la dernière pluie
j’aimais ton printemps j’aimais ta gloire – j’aimais ta chute aussi, ton automne belvédère
au-delà de la mort en deçà de la vie, dieu qui remue ma lie
d’un seul espoir, grappin de bite
et je lâche tout, et je lâche tout pour toi, l’outre-moi quel qu’il soit
ou ne soit guère
dieu référent, irrévérent, plage à toute heure
mer aboyée mais échouée là, au sillon de mon nerf, au crochet de ma soif
ma soif
rasée de près, mise à sec et mise à feu
dieu avant terme, dieu tentacule, gengis khan en mon âme et conscience, dévastateur pérenne
: l’amour saute mais l’amour sauf, peut-être…
mon dieu-raskolnikov, petit moine effaré la bouche en anus écorné
mon dieu chante-comme-il-faux
rien ne me plaît tu sais, hormis ta douleur
ta paix sur toute douleur, ô ma douleur
ta paix sur tout âme en croix, la sève en fin de droit…




