deux fois par jour un chien me mange
il commence par les doigts, la main, monte ua visage
puis il s’attaque au pénis – de ma main restante je lui caresse la tête tandis qu’il me dévore le foie
il sent que j’ai pitié de lui, il a la larme à l’œil
– au mien ou au sien, c’est kif-kif
je voudrais seulement que tu ne me méprises pas, c’est à dire que tu cesses de m’ignorer
je sais il faut beaucoup de patience pour ça, et tant de temps à perdre
une vie à rien foutre – pour ainsi dire une âme
à sauver
on ne peut pas tuer sa mère – nul de besoin de loi ni de tabou à cela simplement parce que ça n’existe pas, sous l’affût d’une haine
rêverions-nous toutefois d’un plus beau suicide, d’un vase plus fragile?
l’âme, c’est d’implorer pitié – tout le sexe entre là-dedans
tout le vide se trouve au-dehors, comme tout être hors de soi, à chaque absence un prénom
du début à la fin et de la fin au début une seul chose, une seule:
je me demande
pardon
sans le moyen ni la force de me l’accorder jamais
il y a la réalité et il y a le discours sur la réalité, lequel tend à se prendre pour la réalité entière et nier toute réalité hors soi
quant à la réalité tout court, si elle se raconte des histoires ces histoires n’ont ni commencement ni fin, s’avèrent dépourvues de morale et ne prouvent rien à rien
en fait ce sont des histoires
qui ne se racontent pas




