le mort perd ses cheveux. on se retient, on se retire afin d'en
tendre le silence, la plage nue
se gratter par ci, se gratter par là, le sang faisant
terribl non: patiemment défaut
- du blanc au blanc ternit le gris
monter les escaliers, ils - les escaliers -
redescendront tout seuls
en suspens dans les airs, raccrochés à je n'sais quoi - une corde une balle, une
plaquette de cachetons
mourir-fusée, respire-planer, j'en ai ma claque
vraiment ma claque
au final, ne demeurent que les choses.
où me manque une ville tu feras un trou dans la carte, ou tu la rayeras d'la piste. tu exhibera mon nombril
en grand
à toute la planète, maudite. au yeux vides de toute la planète, maudite
l'hurle-rouge. rouge-putride
je ne savais pas
je ne savais pas que j'étais, pourquoi être, je ne savais pas
le doigt dans le trou- de nez, de ver, de chatte. ainsi passait le temps
ouvrir en grand le temps
surtout pas faire le con
si quelqu'un se trouvait là alors il n'y est plus
je tâte, il n'y est plus
je tâte pas il
n'apparait toujours pas. je tape : pareil
ne pas s'attendre à une surprise ne pas s'attendre, en général
sauf si rien. ou à peine plus que rien.
à moins qu'il ne s'endorme
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à moins qu’il ne s’endorme
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je mens mais si je mens, je n’attrape rien
tout ce qu'il dit
tout ce qu'il dit ne ressort pas de l'ombre loin de là. il va nulle part
va ou ne va, nulle part
tout ce que l'ombre ne ressort pas du verbe ceci dit
donc tout va bien. tout va
putain de bien
rentre au bercail, au berceau, ne se
pense pas comme un être pourvu en rêves, en ciseaux, pas comme un cerf-volant bas
juste le temps, de se faire la bise ses lèvres contre
ses propres joues acroba-
tiquement, et voilà qu'ça pue l'encens
on meurt à soi trop tard, ne le sais-tu ?
une bribe, de ci de ça qu'importe, un geste inconséquent
à nourrir une hache et puis la désherber, la désosser, je me suis amusé
la tête haute, le sang en vrac
on s'est mis à rêver de quelque chose quelque chose une épingle
dans l'œil du noyé. on s'approche un verdict
à voix basse nous recompose. comme si
nous allions de l'avant. de l'arrière ou d'en-haut comme si
quelque part était où nous pourrions nous rendre
une crasse intime, personnelle, plus ou moins perçue comme
une antinomie à vif.
j'avance d'un pas je tombe à pic, à-pic se remémore
une estrade, une bannière, bref une fière paire de couilles mais non,
rien ne lui revient, aucune vie ne se laissant ré
approprier
-
au pas de chiourme
y avait quelqu’un là qui n’y croyait pas
il aurait bien voulu certes, mais il n’y croyait pas. ne sachant distinguer
l’aile du fond, le oui du non
on le voyait se balancer à la branche ou au trapèze, selon l’adage
comme quoi rien
j’ai jeté le muguet par le hublot. libéré, le muguet
ce qu’enjamber la mort a de commun avec le saut à la perche
ou même à l’élastique
le dimanche, je n’ai donc nulle part où me promener
il manque un trou à ma marelle, il manque un trou à tout ce
qui est censé me couvrir, me recouvrir
un trou de ver à mon linceul par où le feu – non, la lumière
jouir m’appauvrit
les chèvres de mon enclos se sont mises
à me maudire, à comploter, à cracher. elles n’apprécient pas
qu’on les regarde de travers, elles bêlent : nique ta vérité
attention, je suis le mort-au-rats
passer d’une maison à l’autre, d’un enfant à l’autre, d’un trou vide
à une mer calme
parce que ça peut être calme, parfois la mer
chanter toujours du même côté, et du côté où précisément, cela coince
on revient vers soi à la première personne, du moins c’est ce que l’on croit naïvement
ce que l’on croit jeu à gratter
mais non, toujours rien de lumineux à ce clochard
-
ironie broute le matelas
traire la licorne. puis se laver les mains
sans eau, hors salve, d'un destin à la solidité de nain
pas-de-chemin ne nous empêchera pas
de rebrousser
le non élimine le oui. le non élimine le non. manque une chemise
à son bouton
que devient donc le cercle une fois démise
la circonférence ?
bête à bouffer du foin. j'ai du
prendre froid. articuler m'appelle
âne à braire, il tourne, il tourne - le paysage quant à soi
ne bouge pas d'un pouce
l'accent dit grave, en pente l'essentiel
derrière la porte respire l'inconnu
devant la porte, pareillement
la cage, ou toujours plus de vide
que de barreau
au fond du trou j'm'envole, j'm'envole à p'tite allure
c'est mort. le trou du fond c'est mort
avec envie parfois
dieu, ne me ressuscite pas - ressuscite-toi, toi
ne m'abandonne pas à moi - lime-lui l'ongle et la boue
chuter déménage. chuter dégage la vue, optimal poumon
dieu je t'en supplie, ne casse pas la patte
à mon canard
-
tapis roulant, siège éjectable, allez fft
mais comme elles s'oublient. peut-être
n'y ont-elles jamais vraiment pensé
penser brouille la connexion. elles se sont
contentées d'être là, le moment venu
tomber à petites foulées
à travers toute image parle le mort. avec une mâchoire
qui s'ouvre se referme sans émettre d'autre son
qu'un léger claquement de vide, c'est dur
j'ai pris un pied, l'ai balancé devant
puis l'autre, plus en avant encore
et tout cela sans à aucun moment m'extraire de ma peau, de ma
poche fossile, ma poche antimissile, rouge foncé
c'est aride
terriblement aride
une pomme ridée, de face comme de profil
on fait coucou avec la main : "coucou avec la main". il ne
reste rien à pardonner
l'essentiel; l'accent grave. il s'enfonce avec soin
la coquetterie tatouée sur la cuisse. l'os dure
clairière ouverte, volets clos. quelque chose de plus profond encore
en-dedans dure
émerge du charnier
sous le préau, tricycles et parapentes. j'abjure
un ange ma masse les os. jusqu'à ne faire qu'un os
une seule pipe pas de feu :
cette étrange fumée...
-
ça y est, j’ai rendu l’âme
chacun son seul et propre témoin. on lui glisse un coussin dans le dos
quelqu'un ne sait pas, quelqu'un ne s'approche pas
il débouche une bouteille. quelqu'un pactise avec l'idée
n'importe quelle idée - s'adossant au pur vide
le mec n'est pas officiellement mort
manque un tampon, l'arrêt d'un organe dit vital
la photo d'un poumon sur un paquet de clopes
officieusement retombe la mouche
t'avais d'accord t'avais promis
que tu ne te retournerais plus
dans ta tombe, dans mon lit, l'indigeste refrain
je te noie tu me noies, la surface nous écrase. nous n'avons plus la langue
de nous la relicher
suce le moignon. on pourrait s'appeler comme ça : suce-le-moignon
le jour être méchant. la nuit se lamenter, en cachette
tu te gares je me gare - l'hypostase sexuelle, exclusivement sexuelle
un bout de PQ par là, un naufrage ontologique par ci...
-
j’appelle à la retenue mais bon, je déborde toujours
une fois nu, une fois à découvert
plus nu encore qu’au miroir livide, l’image à vide
il gobe une mouche, une mouche-t’emmerde
faudra s’y faire. ou pas. cela n’impliquant
strictement rien
je m’achète un costume. pour un rendez-vous dans l’arrière-cour
seul un chemin de croix, un chemin tortueux
si tu m’appelles appelle-moi, je n’existe toujours pas
ou si peu qu’un jour souffreteux
parvient à s’arracher au confort du néant
chêne. mort. une luge.
on tape dedans on tape dedans, rien n’en sort
se taire avant même d’avoir proféré un mot, cervelle en friche
je m’assois quelque part quelque chose finira bien
par pousser
accroche-toi à ma main. ignore
si je nous pisse dessus
un jour tu te prends pour une boule de gris
le lendemain simplement tu fatigues, hydrophobe
se noyer ne suffit pas : encore faut-il que cela s’accomplisse
hors la moindre goutte d’eau…
-
pas d’eau dans ma boussole, pas d’chakra
il tombe. de plus en plus il tombe
comme si seul l'extra-ordinaire était désormais acceptable
avec sa tondeuse à fausse pelouse
son ciel-naufrage
caillou pointu dans la grolle de l'ogre
j'achève une tombe
tu te trompes d'adresse - je dis : j'achève une tombe
une en-dessous une au-dessus, mieux en vaut deux pour être tranquille
la nuit les nénufars s'allument
c'est tout ce qu'il me reste
un grenier dedans moi
une femme atone
enceinte d'un doigt d'honneur
j'appelle les pompiers, le numéro n'est plus attribué
ai-je jamais répondu à quoi que ce soit ?
non monsieur. pas dans mes cordes
j'ai mangé de l'herbe, rien que de l'herbe
mourir ne représentait que la partie émergée de la douleur
à sucer mon glaçon, rien que mon glaçon
je ne fus plus que langue
-
neurone tranquille, épais brouillard
je ne rigole pas, j'essaie de supplier
rien ne vient. le moteur tourne à froid
je ne sais plus comment te dire adieu - il eut fallu sans doute
partie à temps, ou du moins
cracher dans l'gant
non, je ne bâille pas - j'attends seulement qu'il
ne se passe rien, ou un peu moins disons
que pas grand chose
je pose mon verre il se met à bruiner
à bruiner par milliers, à bruiner de caresses
messe basse et trou d'l'anus
mon avenir s'étiole, je remonte la couverture
peut-être si on devine dans quelle main "ça" se trouve on crèvera pas tout d'suite
on jouera aux indiens, peut-être même
qu'on sauvera sa peau
immense
et depuis lors elle tombe, elle tombe
s'écorche les genoux - ça arrive
perdre les dents lors d'un baiser de souche, ça arrive aussi, quelquefois
et même lors de pas de baiser du tout
ravale sa langue
d'un préjugé l'autopsie. plus bas que moi dieu ressuscite
hors pâques hors sol, hors tout ce que tu voudras, il se relève d'entre ma mort
alors on reste là, ne sachant trop quoi faire, machinalement se
grattant le zizi
-
terrain d’entente, marelle errante
plein de choses en son contraire, et la bulle au milieu
l’infaillibilité neige
d’ailleurs je sors mon parapluiecelle à qui manque un bruit, ou même un son
carapace contre hameçon
j’espère n’avoir rien retenu, j’espère
n’avoir pas été jusque là, où que ce soitune pluie d’alléluias – on n’avait plus de riz, on n’avait plus de
pétales de rose, il fait
froid quand il fait froid, et de plus en plus froid
du coup je brule mes dunes, de fond en combleun simple coloriage, l’almanach des postes
j’ai une morte. une morte parmi moi. et je ne sais qu’en faire
– lui colle un timbre-poste ? L’encule par le nombril ?
j’ignore où la vacance…je m’arrête un instant – un instant me dis-tu ?
Vois comme tout cela est moche, tâte comme le sexe mou
un regard de traverse, une chute frôlée – j’esquive
j’esquive ma propre âme