tu n’as plus besoin d’histoire, tu n’as plus besoin de mémoire, tu tournes et tu t’en vas
je cherche sur la ligne de ma main l’entaille d’un rendez-vous et la ligne en vain saigne
tu me tutoies comme si tu me connaissais alors même que tu ignores mon nom. tu me dis mais tu n’as pas de nom toi, et je n’ai pas de rendez-vous non plus
– mais à qui le confierais-je?
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tu me regardes faire, or je ne fais rien. par contre tu m’entends dire, même si ce que je dis n’a pas vraiment d’ombre, ou bien n’est que l’ombre d’une chose invisible, qui volerait dans l’air ambiant mais dépourvue de tout poids, de toute masse ou matière
c’est à ce moment -là que tu me sors il faut bien vivre pourtant
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tout cela semble bien étrange vraiment, bien étrange pourtant. je parle d’un homme et cet homme se confond à son reflet sur la vitre, ou au bruit d’un moteur dans la cour. je parle d’une femme et cette femme vit totalement en dehors de son corps, comme exclue de sa voix
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je ne peux rien faire d’autre que ce que je fais et je ne peux pas ne pas être non plus, même en me tuant
en de rares occasions certes je pourrais intervenir, cependant je m’en abstiens de crainte d’engendrer l’irréparable, aux conséquences imprévisibles
alors je pêche sans appât, je pêche sans bouchon je pêche sans rivière, attendant que ça morde…
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je n’aurais jamais du quitter belgrade, et tout ce que je n’aurais jamais du faire me condamne à une forme de vie sous respiration artificielle, aux pâtes alimentaires, au semblant d’exister je n’aurais jamais du, dis-je,
quitter belgrade, ni le bord de la mer…
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à l’ère de la profusion quelqu’un découvre la famine et ut lui serres la main, un peu comme on tord le cou un vendredi à la bestiole qu’on va manger le samedi
j’ai envie de te faire quelque chose de sale et d’humiliant parce que le seul moyen à ce stade de survivre c’est de me souiller, de me souiller définitivement, qu’il n’y ait point de retour…
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on meurt bien-sûr, on meurt, mais juste un peu au-dessus flotte la littérature
un individu c’est qu’un individu, ça n’importe pas. n’importe que le hasard de dieu à s’accomplir à travers lui, nous, moi – toi, ma chatte
et tu sais que je t’aime bien, que jamais ça ne pourra suffire mais qu’il n’y a rien de plus que ça
alors vas t’en




