passer sa journée à glander, gentiment se saouler, ou pas, jusqu’à ce que terre s’embrase (cf St Jean, Ap)
peut-être paresser même, et pourquoi pas chanceler, quoique bien ancré à sa chaise et levant la main à la bouche pour je ne sais quelle grandiose aberration:
retenir un dernier souffle, le bâillement de trop? décocher un ultime baiser à la poule en vélo? dire adieu au temps qui passe et ne repassera pas?
ou plus prosaïquement retirer un truc resté coincé entre les dents depuis midi déjà, et qui commence à me gaver…
eh oui, les poux copulent jusque sur la tête des saints…
on dirait même qu’ils y prennent un plaisir tout particulier, y trouvent en tout cas un refuge certain
il faut la patience, de durer
le jour de ma naissance, m’apporteras-tu des fleurs?
ou faudra t-il que j’aille moi-même les chourer
au balcon des voisins?
il émane de ces cieux une telle tristesse – comme pour en amortir l’objective cruauté peut-être… – une tristesse si profonde, et profondément belle, boue grise en laquelle se confondent la douleur et la résignation
il faudrait alors mourir, mourir comme le font les bêtes: soumis, sans révolte, ouvert au précipice…
mais là j’ai pas vraiment le temps, et en plus c’est jeudi, mon jour de chance comme on vous l’a déjà dit
– mais sans doute n’écoutiez-vous pas…





