à mi-chemin, faire demi-tour
ne m'épile qu'un sourcil.
un chemin de travers ne me traverse plus, j'ai rendu l'âme
au plus offrant je crois - y avait pas
foule au portique non plus : seul errait là encore
un lendemain venteux...
où l'on commence à douter de sa propre éternité, plus un pied dans l'eau
un orteil disons - peut-être même
qu'un regard suffira
posé à la surface, oiseau à tout égard,
filet ratissant large
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sous chapiteau
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ce qui va de soi et ne cherche pas l’amour
passer sa vie à dire adieu
alors comment on fait avec les puces ?
on s'envole pas. de toutes nos forces, on s'envole pas
on s'embrasse comme ça, par le plus court chemin
ne me dilue pas trop, et apprends-moi
en quoi le néant n'a rien de féminin
une fois la roue, une fois la tombe
je n'y suis pour rien simplement je lève le bras
en l'air, ou autrement
la mort oublie-moi
une étoile et un doigt mort - survivre mais à quoi ?
en-deça de la mer crève, sinon regarde-toi
crever
que faire d'autre que partir, tandis qu'en contrebas s'écoulait
au compte-galet
la plage d'en-dedans ?
serais-tu de celles qui
apportent de l'eau à un noyé, ou leur rince les yeux ?
dis-moi ce que tu veux, sauf la vérité :
elle ne tiendrait pas dans mon carré...
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quitté l’pays, l’origine, la raison
chien manque d'espace, part en vadrouille - il faut
tout pardonner et tant pis pour
ce qu'on ne peut se
pardonner soi-même
dès que survivre ne sera plus le but, ni mourir l'espérance
on fera mine de ci, on fera mine de rien, et de vivre
si dieu le veut, par exemple
les mots
se détachent de mon esprit, peaux mortes
et mon esprit de même, carcasse à la lisière
mais j'm'en fous - tant que le très haut continue
de payer mon loyer...
vieux mort, jeune veuve
sauf si tu la suces disons mille ans durant, et que durant ces mille ans
tu te regrettes un peu...
c'est comme si tout à coup on avouait tout, suicide ostentatoire c'est comme si tout à coup
nous manquait le bras
le doigt
d'indiquer où l'on va
à priori je ne suis guère reconnaissante, simplement je me contente
de jouir
sous la plante de ton pas
est-ce clair ainsi ?
elle se tient la main et moi, je tombe, d'être un autre homme
après tout c'est l'inclinaison qui compte, l'oblique d'un trait fluide
- et maintenant : partir
-
aussi simple qu’un lacet défait
plante un drapeau sur une planète morte: la mort ne bouge pas
au pire, elle change de trottoir,
d'animal totem
des tréfonds du miroir un homme
se dirige vers moi.
où que j'aille je me perds de vue, je me perds
à perte de vue
il a bu
c'est l'heure rose après tout. il fait semblant de tourner
sur une ligne irrévocablement droite
quelqu'un a pied. plus loin, quelqu'un perd pied
c'est tout ce que l'on sait de lui c'est tout
ce qu'il y a a savoir, de lui ou d'un autre
la nuit s'empêtre dans les couleurs: je n'ai rien à te dire
le trou reste à gravir
de dieu à dieu le trou béant. quelque chose
m'écorche la joue - la ronce d'un ongle, une quelconque cicatrice
une absence majeure...
elle me respire, elle me respire enfin
écarte bien les dents. laisse passer l'ombre
-
j’avais le feu dans l’appareil néant j’avais le feu
le grand-œuvre achevé, on posera un caillou dessus
puis il pleuvra
j'aime une boîte. sans cesse cette boîte. le vide à l'intérieur
le souffle de ce vide
l'envers du décor faisant partie du décor, il fait pfft
d'un geste de la main
théocentrique à ces heures perdues, l'indifférence des mouches à son égard
le méduse, lui ouvre
définitivement l'esprit
tremper un orteil dans le désastre, qui plus est universel
ne le fait plus bander
le poil planté dans la couille, poupée vaudou
et le reste en plein mer
d'alcool un chien, une corde
le vide aux deux bouts de la corde
allez petite fille, entre donc dans la corde
j'ai gardé ma robe en rouge
avec un pli sur le côté, un cloche-pied pour toute
éternité
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beauté triste de la résignation
pas d'arbre sur cette route
ni de route en cet espace, d'ailleurs
un oiseau de malheur me confond avec le ciel, en ce miroir
descendant, le miroir ascendant, marcher sur le pied d'une ombre cependant
"j'en n'ai pas fait exprès", se défend-elle
lumière suprême, lumière de fond, sœur lumière
des p'tits pipis par ci par là, que l'on relâche dans la nature
je garde quelques dents pour toi, la langue éteinte
la pluie sous son palto dressant le portrait d'une ville
il fait beau tout le temps désormais, même quand il pleut maussade
autrement dit il pleut tout le temps, jusqu'au cœur de la canicule
on s'habitue
à rien. à être sans que cela ne porte
à conséquence. on s'achète un troupeau, on se rend inutile
seul jusqu'à l'au-delà, un peu plus haut encore
touche à sa fin, laquelle moite, et caresse un poteau
il va faire jour c'est sûr il va faire jour - que pourrait-il faire d'autre ?
je ne pensais pas qu'aller nulle part aboutirait à cette éternité-là, d'un regard surplombant
la douleur ancestrale
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l’homme sans saigner d’dans
selon ce que l'on traîne
d'éros et de poussière
les p'tits trucs à languette, la mort de passer-l'boire
selon ce que l'on brame
de foison et de vide
l'un périt l'autre demeure, plus que jamais tremblante
il a raison, celui qui recule de cent pas, ou monte sur un tertre
il a raison même si raison ne fait guère sens, et peut-être qu'un arbre
cache l'arbre, ou le contraire
ou le contraire précisément
les peuples de la terre, les oiseaux sur la mer
de tout âge, de toutes race et condition
les plumes de surcroît, en prévision de rien
alors ne m'appelle plus untel, untel ou unetelle, ne m'appelle plus
je n'ai pas assez de vide en moi pour taire toute la douleur
ni crier tant la douceur
chien contre toute espérance, ménage tes fuites
je ne sais pas. tu passes près de moi comme on frôle la mort, s'enfonce
en sa propre ombre
il suffit d'un kopeck, d'un pile et d'une face, il suffit de trois yeux pour enfin
se rendre aveugle à soi
sur un chemin fuyant, un chemin d'une seule traite
et si vide aussi, par quel bout qu'on le prenne
et si vide aussi, parce que d'une seule chaussure
l'autre je l'ai perdue - le courant, probablement
ou même l'immobilité, plus imprévisible encore
la couleuvre n'a pas de dent
et l'heure soixante minutes
entre le début et la fin rébus
entre la fin et le début je ne ramasserai plus promis
de balles perdues...
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la vie d’un vide est claire
tout le fond s'est blotti dans une barque
du coup la barque n'avait plus sur quoi flotter, sur quoi naviguer
tout le fond a sauté de la barque du coup la barque suspendue
virant de bord, coulant à pic
et morte d'inquiétude
l'aguicheuse devant, derrière et au milieu, des papillons dans les ch'veux
passionnément indifférent, je passe mon chemin - allez vas-y, passe mon chemin
de toute façon j'pleure au milieu, devant sur les côtés, j'pleure de tout bord allez vas-y, crame ces haillons
là tient toute la différence. montre-moi les mains vides, le vide
fait toute la différence. elles caressent le chauve. l'humide mais le chauve
comme un quatorze juillet tout à coup tombant et s'affalant
sur un commun mardi...
le verre à moitié verre, un reste d'homme divague
tu la vois venir de ce côté-ci, chagrine. ou de ce côté-là, miskine - le verre à moitié nu, le vide à cours de chance
et d'argument
un phénix en papier
personne à la porte, personne à la fenêtre, et le qi distrait
penser à rien, à rien durant le rien, avec une certaine insistance
se démettre une épaule, un pan de vitre, ne réagir nullement
à l'absence d'issue - ça fait déjà pas mal pour une journée
ça fait déjà pas mal, pour une vie entière
-
tu t’habilles comme tu veux, le nu vibre en haut lieu
tiens, montre-moi ta main. montre-moi
ce que tu as dans ta main. ne cache rien
ou seulement en pensée, dans le fond de ta pensée, cache ta main, ta main avec
tout ce qu'elle contient, ou ne contient pas - montre-moi le vide le grand vide
de ta pensée
je me cache sous une feuille. une feuille c'est exactement ça. ça me brûle les doigts
il me manque deux doigts, deux doigts sur le milieu, plus un sur le côté
un pouce me suffira, certainement me suffira
et le bruit de la mer...
je me promène trop vite. l'angoisse de rentrer me submerge. est-ce qu'elle submerge, l'angoisse ?
non, je ne pense pas
je ne pense pas assis je ne pense pas debout. je m'allonge sur la pensée et là je rame avec mes deux petites paumes tendues
est-ce qu'elles rament, mes deux petites paumes ?
non, je ne pense pas
un humain de travers, qui pousse de travers, pour un pet de lumière
j'ai perdu mes lunettes, je ne sais plus aller. un humain de plein pied s'allonge à travers champ
Ai Aso penchée sur lui murmure un chant funèbre un chant
systématiquement funèbre. si funèbre soit-il
il mange du cheval et boit de la limonade. c'est un enfant timide, un enfant recroquevillé
la terre fume la carpette, le ciel pompe toute la pluie. il fait si froid dedans, dedans, cible du froid
l'horizon malgré tout, l'horizon coûte que coûte
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marie-trottinette
c'est marie - elle va toujours en trottinette
j'éjacule un peu partout, mais jamais où il faudrait, c'est bête. ou triste. ou triste et bête, par la même occasion
elle m'attrape par les cheveux. du coup je prends soin auparavant de me raser le crâne
cadenassé ça se passe comment - je regarde les nuages ils disent qu'il va pleuvoir je regarde les nuages
il ne pleut toujours pas.
ça serait pas mal de se tuer ça ferait vivant, ça ressemblerait à quelque chose enfin
mais on ne sait que survivre. on n'a rien appris d'autre
la galère a une morte de plus, on la cache entre nos jambes
raide corde, ça fait quand même quelque chose je sais pas
une émotion. une tension.
mais les premiers les derniers. et seuls ceux qui refusent et s'obstinent
à demeurer derniers
je me raconte des histoires okay tu te racontes des histoires, on se raconte des histoires
on se serre on se secoue on se tord les boyaux
on se tue par pure nécessité.
soudain je m'envole. avachi là mais je m'envole : en fait c'est juste
l'univers qui coule, collapse, s'effondre
un soir de bruine
l'amour n'est pas mort, c'est simplement le mort
qui n'bande plus
se tire la peau du zob là
jusqu'à ce que ça craque.
la mer quant à elle reste calme. elle en sait trop
et tant qu'elle ne s'agite pas, elle reste calme, la mer...