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assis là sur un banc


  • virelai

      non si ça penche d’un côté ce n’est pas pour
      te rendre heureuse, un bol d’eau peut-être, chaude
      te rendra la pareille
      allez va, mouche ton sein

      de giron n’en parlons pas
      elle-même, et d’autres raisons sans doute, probablement, et malgré tout
      elle s’endort en panier, ça fuit, ça se
      répand, sommeil percé

      tu voles de mes propres ailes, ça finit
      par se savoir tu sais, le départ
      a le pied large, est homnivore, voire omnisport tu sais, l’apothéose
      te nique la tache, ça s’défend

      tout dépend
      de par où on passe, s’déplace
      la mort à son comptoir, la peur à son compteur
      tu t’déploies, pour ça on peut pas dire, tu t’déploies
      ça f’rait presque pleurer, si seulement pleurer
      t’était permis

      c’est par un beau chagrin, minuscule entrelacs
      mais te tue pas pour moi, véhicule tout terrain
      de roue titube, de pneu slashé, tu dors tu dors-tu
      j’en sais rien je m’rince
      le prépuce et j’en sue

      vois j’en suis pas certain, j’essuie
      ces traces de passes, crasses, les souillures orgasmiques, il neige
      ça a l’air de rien comme ça mais il neige, même si
      ça te rappelle rien, perplexe, que tomber
      en oubli, précaire (toi), instable-
      ment nécessaire (toi)

    15 janvier 2018

  • soulève l’intime

      renard musqué, bête traquée
      nous nous pensions d’un chemin long
      et large
      si large…

      paquet de haut vent
      à la face t’es beau, t’es belle
      besoin pressant, crispant
      d’extirpement

      cheval consort, à cause
      d’un être humain j’ai faim
      perpétuellement
      faim, la faim

      ils se sont rencontrés au très hasard
      d’une
      douce désolation, elle semblant – ils n’auraient
      pas survécu sans ça, ni
      à ça, d’ailleurs

      bœuf entier, travail sensé
      l’amour te prend de court tandis que l’autre
      bras
      pendait tout seul

      le tout petit
      caillou (à peine un gravillon)
      qui, de ta chaussure
      remonte dans le sang, blanc
      et te heurte
      l’œil – ne t’en fais pas

      fuck une gourde

    soulève l'intime
    13 janvier 2018

  • l’absence d’aumône

       j’arrivais sans dessus
      dessous
      je m’imaginais quoi – mourir
      debout?
      je m’imaginais, c’est tout

      on n’ s’aime pas
      c’est clair, c’est net: on n’ s’aime pas
      nous sommes un monde
      hors poésie
      ça nous arrive aussi
      (et quand la marée tombe)
      d’en rire

      chien vegan et nique ta lope
      je ne me souviens pas du nom
      qui délivre
      de tout le mal
      et tous les hommes avec acharnement, se masturbant face au
      déni d’orgasme
      éjaculant leur mort
      et leur mort
      et leur mort…

      le présent
      nous efface, roulant à vide – ton pull
      de la laine à bouffer, ta bouche
      une banque à sperme, ta tombe
      l’endroit où je pleure
      et agonise
      coulant à pic

      mon chien ne s’appelle pas
      ma vie ne mord pas
      mon sommeil
      ne se rattrape pas
      on s’endort quelque part
      quelque part
      nous veille

      j’adore du bruit la fureur animée
      ce n’est pas la mort qui me fait peur, ni
      ultimement
      le non-sens
      mais tout simplement l’absence
      d’aumône…

    12 janvier 2018

  • ton âme-tournesol

      je suis un étendu
      un étendu
      sur la colline aux morts
      ou si j’avance, j’avance comme ça
      à contre-sens, dans le sens de
      l’urgence d’un présent
      totalitaire quoique strictement
      confidentiel

      je n’ai vu que mort devant
      toujours devant
      mais pas dedans
      et quand dedans, j’ai su qu’un autre jour
      irrépressible, inextinguible
      là c’est pas moi qui rêve, c’est pas moi qui
      un autre jour j’ai vu, là
      au tout-dedans

      il faut en arriver là
      où il n’y a plus le choix, c’est pas
      sauter de la falaise qui nous donnera des ailes, mais les ailes
      qui creuseront les chutes, je me suis dit
      pour me donner du courage
      tant j’ai peur
      trop peur pour ne pas rejaillir, trop peur
      pour ne pas
      sauter sans ailes

      les hommes qui tombent, les hommes qui pensent
      à autre chose quand autre chose
      se pense homme, et chancelle
      sur un sol désormais
      si fragile (nous marchons
      sur des poules…)
      et j’en meurs pas

      j’en dis oui mais oui, moi c’que j’en dis…
      on n’en sort pas
      et on n’y entre pas non plus
      on reste dehors, bien enfermé dehors
      hermétiquement hors
      on baise les dents jusqu’à l’éclat, on s’tire la queue c’est qui l’pompon, on s’pend
      au plafond le plus bas
      on s’pend à g’noux

    ton âme-tournesol
    11 janvier 2018

  • les courroies transmissives

      l’éden
      va bien
      rue flandres-dunkerque aussi tout va bien
      les femmes suivent
      leur p’tit bonhomme de ch’min, parfois je les appelle
      camarade, mon amour, parfois connasse,
      ou bien le dernier soir

      chaque jour, chaque jour
      du moins il essaye, il m’bouffe
      la manche, et déjà la manche repousse, rallonge, elle m’cache les tarses, les métatarses
      dans mendier ceux que je préfère c’est ceux qui voudraient vraiment donner
      mais n’ont rien sur eux, ou pas d’monnaie, désolés de n’pas pouvoir
      vraiment ceux, m’attendrissent

      ma nuit a l’air obscur, mais c’est dans l’noir qu’on voit le plus loin, et si loin
      je laisserais personne me toucher les couilles, et moi-même j’oserais pas
      m’toucher les couilles, d’un volcan qui mijote, complote
      les lauriers roses dans leurs chaussettes de béton, chemin de craie calvaire apothéose
      – ai-je une âme?

      ta gueule et tais-toi, achève ton sport
      je caresse tes baisers du bout des gants, du cul mouillé le banc
      nos nuits fertiles j’astique les jantes, nos jours stériles j’te racle la langue – on s’rase les poils d’la bite, les poils d’la chatte, on s’rase les poils partout, braves poulets
      entre vivre la mort et mourir la vie, je suis tout autre chose…

    10 janvier 2018

  • marie d’eau douce

      c’est ainsi qu’en tant qu’être, humain par la naissance, divin par la conscience, je m’enlise…

      ces grands solitaires, souffrant non d’être seul, mais s’isolant
      pour mieux souffrir

      une simple houette
      rien qu’une ‘tiote houette
      pour défricher 
      tout le néant
      quelle galère

      un seul repas
      par jour
      ou tout un jour
      d’orgie sauvage
      je ne sais plus comment
      m’y prendre

      paniqué, me débattant, transi, exultant, déchaîné terrorisé, j’encule – oui j’encule – le vent
      il était temps

      je lui ai dit la pire chose que tu puisses me faire c’est de m’aimer, je connais pas pire malaise moral
      heureusement je n’étais rien, ne représentait rien ni personne, alors elle n’en a
      pas tenu compte

      j’allais tourner à droite, juste avant l’océan, de rigueur abyssale, et puis je me suis dit bon, allons tout droit…

    marie d'eau douce
    8 janvier 2018

  • une fois par mois le crâne rasé

      tu me tires par la manche

      ni la grâce ni l’extase, ni même le pardon ne suffiront à rassasier son âme
      seule une faim, un jeûne illimité, un désespoir tel – il n’y a
      pas de cri pour ça

      le néant, qu’on ne tue point

      au bout du compte il n’y a pas de bout
      je fourre ma tête dans le creux de mon bras, j’essaie de dormir un peu, je voudrais m’endormir – le sommeil
      ne tombe pas

      toute vérité déchiquetée
      un monstre se dresse devant moi. j’enfonce mon doigt dans le monstre, comme on touille dans une merde de chien
      le chien respire, il gît là – alors pourquoi on dit qu’il est mort
      depuis l’éternité déjà

      le ventre c’est déjà ça, je t’embrasse le ventre, un sac de poussière
      et ça n’engendre rien, coléoptère remontant l’utérus, fœtus tout rabougri
      je pleure avec toi, je pleure sur toi, imagine on arrose une plante, ou bien on pisse
      sur une fille jolie qui détourne son regard, c’est juste à cause de ça qu’on la trouve jolie – peu importe la vie

      j’respire comme on s’suicide, sinon ça sert à quoi de vivre, à rien et c’est pourquoi j’respire
      comme ça, récalcitrant, contrevenant à l’évidence c’est méchant

      les autres jours je ne me dis rien, je ne sais plus par où
      t’appeler

    7 janvier 2018

  • j’aime un ciel sans vergogne

      dans le montée en puissance de l’alarme et du silence,
      je suis l’homme ou jamais

      tremplin pour l’au-delà, objet référentiel, la terre ensemencielle
      je l’évacue
      je l’appelle terre des chants, à la langue de vase
      elle me r’tient par les couilles, la suceuse des morts…

      pleures-tu à ma cheville, non, tu n’pleures pas, tu n’pleures nulle part
      me laves-tu les pieds, non, tu n’me laves pas les pieds – tu fais semblant, mais semblant
      n’est pas de trop

      j’avise et dans ma mémoire, de si triste renard, je les regarde nager dans le sens contraire, toutes mues et arguant
      d’un désir opposé

      quelque part s’attaque à un homme bien que rien ne vienne à bout
      de l’homme, l’homme étant ce qui reste de lui-même une fois l’homme
      usé jusqu’à la corde
      il n’aboie plus. il pense revenir sur ses pas or lui manquent les pattes, de ça…

      le trou
      qu’on ne comblera pas, le trou
      à l’exact emplacement
      du cœur je le suppose
      le trou
      sans commune mesure
      – la pomme entre les clous

    j'aime un ciel sans vergogne
    5 janvier 2018

  • perle, logis, tumeur

      quand la bonté de l’homme se confond à celle de dieu, on appelle ça marie
      d’interruptions plus ou moins volontaires de grossesse en immaculée
      déception

      et cela bien avant que la loi ne vienne compenser les effets peu désirables d’un certain assèchement du cœur, menu fretin,
      et des saintes odeurs

      d’autres continuèrent après moi, persévérèrent, le cas échéant
      le cas déchéant tombait sur le côté, tâtant du pouls saignant du cul, échafaudant
      un autre genre de gloire, de légende inversée

      je ne peux ni le ciel ni la terre, ainsi me tenant à leur point de jonction, qui est aussi celui de leur opposition, à partir duquel ils divergent et se différencient – boue et regard, chienne et pétard, jour gâté égrenant un
      sourire rachitique dans la bouche de l’an

      maraude le chagrin dans le corps de marie. un peu de gras ne lui ferait pas de mal. je me retire une côte pour en faire une fibule à son manteau de peau, de fleurs qu’on a pissé dessus. après tout moi aussi j’ai aimé, et précipité ma croix du haut
      du ciel des charpentiers

      ne dis plus rien, plus un seul mot. tu ouvres la gueule et ce sont des morts qui en sortent, des morts sortants. et s’ils se mettaient à gueuler à leur tour, que nous dégueuleraient-ils? nos propres os, nos propres souvenirs? et qui te dit qu’ils sont si propres que ça?

    perle, logis, tumeur
    4 janvier 2018

  • mortalité infantile

      dieu est dieu, prétend-il or il fait
      où il peut, à moitié dedans
      à moitié à côté, il pousse
      où y a d’la place, et je n’ai pas
      de place, de ruelle, de mur ni même  
      d’impasse: juste un banc, là, une bruine hivernale
      où se sentir mouillé, là, affreusement
      mouillé

      trois fois l’hauteur d’un homme, une fois roule
      sur fond d’miroir vaseux, j’ai un cheveu
      sur la langue, un poil de ch’veu
      dans le poumon j’en suis certain, ne m’attends pas
      fais c’que tu veux mais surtout ne
      m’attends pas je
      viendrai pas

      les ennuis c’est pas maintenant qu’on va penser
      aux ennuis, alors que les ennuis c’est tout réglé, que j’ai dit oui que j’ai signé, saigné du nez alors quoi
      alors qu’est-ce que tu m’embrouilles, me parle de tes nuits
      sans moi – c’est pas comme si
      j’avais une âme

      laisse-moi vivre en moi, laisse-moi
      vivre en moi
      à moi et moi en moi
      nulle part ailleurs, ailleurs de tout ailleurs laisse-moi
      vivre à part, en nulle part en
      dehors de toute heure et dans le vent
      de l’huître

      les p’tites chaises, mais pourquoi est-ce qu’on les a appelées
      les p’tites chaise, elles qui n’ont jamais levé
      le cul d’leur chaise et pourquoi j’ai respiré, moi, reniflant l’air qui glace et en sifflant, sifflotant
      la marseillaise
      du temps qui passe…

    2 janvier 2018

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