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assis là sur un banc


  • génuflexions, et encore des / génuflexions

      j’irai pas droit au but, tout ce que tu voudras oui mais non, j’irai pas
      droit
      au but j’ai l’infortune, la naissance ambiguë
      on s’appelle demain si tu veux, demain c’est préférable
      demain c’est mieux
      demain s’il pleut

      les oiseaux sont de mon poids, ils mesurent à peine
      un petit pois, un petit pois c’est tout, j’ai l’impression
      la conscience intranquille
      d’avoir fait c’que j’ai pu, et j’ai pas pu grand chose
      un petit pois c’est tout

      quoi que je dise, je dise
      avec la parole au milieu
      j’ai pas d’enfant, les enfants au milieu j’ai pas d’enfant, des petits cailloux seulement
      de petits poucets – j’ai craché au miroir, il a plu ce matin j’ai enterré mes ch’veux
      et mes ongles
      mes cheveux et mes ongles, les os eux
      restèrent dehors

      tellement triste, tellement triste et c’est peu dire
      qu’on est plus triste encore, comme la mer, la mer on dit bien la mer quante la mer, c’est triste,
      se retire, qu’elle n’a plus rien
      à dire, à vomir
      et que le temps qu’il fait, il le fera sans doute, et il le refera
      à moins qu’il change, s’il est changeant

      castagne, je n’aime pas la
      castagne, tu remarques mes muscles, la masculinité mâle
      de mon simple appareil, mais tu dis c’est pareil, et du pareil au même, tu m’embrouilles, je sais pas quoi te dire
      je te dis mille-feuilles, tu me fais l’éventail
      et je tombe dedans, et je grimpe dehors, c’est la
      mort prévisible

    génuflexions, et encore des / génuflexions
    31 décembre 2017

  • morituri te

      morituri te
      salutant et rien du tout, le satori
      mélancolique, la verge cathodique, je n’en fais pas exprès – je bats
      des jambes en l’air, je bats 
      des pieds en vain, je brasse
      de l’air

      je n’en fais pas exprès j’embrasse ta nuque
      tes ch’veux
      ton foulard enrhumé
      si je me retourne pouf, tu disparais et si je me retourne pas pouf,
      t’existe pas – j’suis mal,
      j’ t’assure j’
      suis mal

      cela ne me soulage pas, pire: cela ne me
      fait même pas mal, j’abhorre ton g’nou
      calleux, glisseux, je mets pas tes ch’mises
      vu que tes ch’mises elles me vont pas
      les hommes sont incroyables
      les femmes sont incroyables
      toute chose est incroyable
      je sais plus qu’en penser

      toutes ces petites buées, ces fleurs intestinales
      j’ai posé le doigt du hasard sur la carte et j’ai dit là, c’est chez moi
      j’ai glissé le doigt du désir sur ton corps et j’ai dit là, c’est là qu’on jouit
      j’ai tendu le doigt n’importe où et j’ai dit est-ce quoi, est-ce soi
      le sens du vent au terme de
      la mort, la mienne
      ou la tienne

      c’est si fragile une lueur, ça tremblote ça clignote
      on se souvient de rien, c’est ainsi, on se souvient quand même, agrippé à l’espoir
      tant qu’on ignore dieu on espère, et puis après
      on fait comme si
      on fait comme ça
      n’importe quoi

      ce que j’aime en vous ce sont les dragées hurlantes
      en plein cul, je veux dire en plein ciel, ce tout petit petit
      ciel de rien du tout, infini miniature, ce doigt que l’on retire
      pour se sentir tout vide, tout plein de vide, et si seul
      en nature SDF

    30 décembre 2017

  • curriculum mortis

      grands mutilés de
      l’hiver, des embruns
      postillonnant leur rouille tandis que le
      grand musulman
      d’un geste calme et la voix grave
      te rassurant dira tout bas
      c’est pas grave, mon gars, c’est pas
      grave…

      je suis de la nuit mais la nuit
      n’est pas couchée
      alors elle s’allonge, de plus en plus longe
      et longue, et s’écarte
      de plus en plus large, la nuit
      où mon petit radeau, flott’ flott’
      mon tout petit
      radeau

      il n’y a pas grand monde en moi
      à qui savoir marcher, il n’y a pas grand monde en moi
      du tout. nos invités
      n’ont pas d’honneur, qu’ils retournent
      à leur festin
      de fientes, de poux
      à leurs fictions lubriques

      j’ai plein de trous
      en toi j’ai plein de trous
      en moi, et plein de trous
      partout, sur toute terre, en toute
      mémoire j’ai plein de trous, alors
      je vide les trous, avec une toute petite pelle je vide
      les trous

      tu ne ris pas longtemps, tu ris avec les dents
      machinalement tu poses la main sur ton sexe, dissimulant ainsi ta faim, pourtant ce n’est pas l’heure, tu sains bien
      j’ai des pommes dans la poche, est-ce que tu veux
      une pomme
      ou deux
      une compote
      de pommes?

    curriculum mortis
    28 décembre 2017

  • n’importe quel gland

      j’aimais un silence, un silence en là mineur, l’araignée d’une toile
      et puis on s’envoie en l’air avec le premier venu, de nos rêves incompétents 
      il y a quelque chose au bout de laquelle j’eusse préféré
      être dispensé de pendre

      je n’appelle pas ça manger par terre, je fais tout
      pour m’échapper, fuir la faune, assourdir d’un geste las
      ces grincements de chatte, je fais tout, tout absolument tout
      pour me sentir rien, baignant dans le formol de rien, ces quintessences en berne, ces printemps
      lubrifiants

      je me rappelle pas comme il faut, mais comme il faut
      n’existe pas. je te touche tu me touches – les petits nichons le porte-avion,
      les choses aussi qu’on a du perdre en regardant ailleurs, sainte déréliction
      comme faire l’amour à la très sexy
      cabine téléphonique qu coin d’la rue
      parfaitement H.S.

      ne m’achète pas de fleurs. pas que je n’aime pas les fleurs simplement les fleurs
      s’usent
      les yeux sur de fausses épitaphes. je me gratte les couilles, je ne pense pas à toi je pense
      à n’importe quoi déverrouillant l’image, plus vite déformée qu’une âme prompte
      à se déshabiller 

      un jour je ne mourrai pas: j’attendrai
      le prochain tram, personne
      me dira d’où il vient, ni pourquoi – je crois j’irai sucer
      mon pouce dans un coin, je lui dirai suce-moi, mon pouce
      . ça en jette

    27 décembre 2017

  • les animaux comestibles

      venir de loin ne nous rapprochera pas du but ci-présent, au non-lieu même que je hante et dont je fais l’objet, ou la potiche
      évincés de l’essence, il y a des morts vivants aussi, et des vivants qui ressemblent à mourir
      parfois se sont les mêmes 

      parfois je me bouche les oreilles, afin de passer plus vite d’un écho
      à l’au-delà, qu’un écho n’aborde pas. et j’écoute, j’écoute cependant je n’entends pas – j’aurais du
      tourner avant, après, à gauche ou peut-être en même temps, descendre au bon moment
      j’aurais du j’aurais du

      je me cherche. je me cherche à tâtons, je me palpe la face, je me rase le zob
      la vie a l’air tranquille – on y renonce en chaque instant à notre vœu premier et pieux, déviant ainsi de notre destin
      j’apprends par chœur à dire merci – merci, merci pour rien, merci quand même

      un seul jour. un seul jour amoureux, et tout miteux
      le reste du temps est une perte de temps – c’est tout ce dont nous disposons et nous nous en désolons, l’éternité en négatif
      je voudrais bien vous y voir… mais pas vraiment en fait

      salue-moi bien d’ma part. et d’autre part ignore-moi, fais juste comme si de rien n’était
      car rien n’était, ou n’eut été vraiment, n’eut été ce système de cordon obliquement ombilical, cet espèce de raccord, subterfuge avéré
      les yeux dans le panier, revêchement globuleux

    les animaux comestibles
    25 décembre 2017

  • la bonne a pas d’cadeau

      me touche pas
      les glandes n’extirpe pas
      la joie la joie est morte, la joie est veuve quelle main
      sinueuse, furtive s’insinuant
      au fond fuyant
      hein, quelle?

      ça crie sous le préau
      ce doit être l’écho car le préau est vide
      il y fait froid, la lumière fébrile
      la lumière ondulée

      n’ayant plus rien à protéger, ils n’érigent plus de barricade, ce sont
      des évadés
      et quand il pleut, ils disent il pleut, ils n’ont
      pas d’opinion, près d’eux il est possible encore
      de respirer

      petites dents
      mordent le loup.
      ça y est, on y est presque. du vent dans la poussière, on y est presque. la nuit rejoint
      le dieu sans nom.
      quelque chose là
      se brise

      je ne m’y connais rien, les jours ouvrables, en âme consentante
      de retour dans mon corps je tue maman, je noie l’bébé,
      je frôle un pou.
      du gel à la fenêtre, plus quelques fleurs rossées, jonchant la fosse, tombées
      du laurier rose…

    23 décembre 2017

  • nouvelle donne, vieille carlingue

      je m’étais nourri d’arbres étroits, de pierres tombales
      les racines sous les dalles
      fouillaient l’immémorial

      trop tard pour rebrousser chemin et de toute façon le chemin
      rampant à terre
      rompait les rangs

      nous sommes venus le jour venu, le jour parti nous repartîmes – quelque chose
      avions manqué, à côté de
      étions passés, on s’en doutait

      dans l’ordre qui dit oui, et, posé sur un con (le pont), le désordre des mondes
      renversé renversant
      pouf pouf

      agir sans preuve, telle au commencement des temps la foudre
      aléatoire et têtue
      criant sa joie, rendait son âme

    nouvelle donne, vieille carlingue
    22 décembre 2017

  • les glandes lacrymales

      ma vieille elle est comme ça, tu lui craches dessus, tu lui pisses dans l’gueule, elle est comme ça ma vieille, voilà comme ça
      ma vie rêve ma vie, mon rêve vit mon rêve – un suicide exemplaire, sexuel, revigorant
      la glande carrément noire

      on n’aura pas de vie, on traînera par ci, on traînera
      par là – tu sais bien comme on vit…
      la seule fois où je vis, c’est pas là où je vis, sous un ciel interdit
      on n’entre pas dedans, pas comme ça pas dedans, faut d’abord écarter les bras deux, bras dehors, jusqu’au pro-
      chain décollage 

      ton sexe je l’écume
      j’ai beaucoup trop de pitié pour ne pas me maudire
      tout est permis, absolument tout: c’est un suicide universel
      les survivants de ce suicide
      se lécheront les uns les autres – les uns ne s’y reconnaissant pas, les autres
      n’en revenant pas

      tu m’habitueras, un peu
      à tes vulves parallèles, ou peu, visages séquencés
      on se dira tu, on se dira toi
      la nausée se propagera de cœur en cœur, mais où aurons-nous donc été plus vrais
      qu’en la douleur?

      la mort certes la mort, mais la connaissance c’est pire
      ça chie partout
      ça fait caca debout
      symboliquement parlant, c’est à dire à peu près poliment, elle me tourne le dos
      ainsi j’achève ma route

      et puis un jour je me suis levé, relevé
      – j’avais juste oublié
      l’apesanteur…

    21 décembre 2017

  • dormir n’en fait pas l’tour

      j’écoute les choses, et depuis que j’écoute les choses je ne suis pas tout à fait mort
      depuis que les choses se sont mises à se taire
      j’écourte mon ombre mon ombre se résorbe
      elle s’pisse dessus

      les chants m’ont déformé la glotte – à force de n’être personne je finis par être là, souffrant pour soi, caressant les couilles molles
      de la souffrance. il n’y aura plus, jamais,
      de souffrance

      parce qu’on abandonne, on laisse tomber, on
      dépose les larmes – on est des gens bien élevés sans doute…
      dieu est dieu mais dieu est nu, n’est dieu que nu.
      j’avale une gorgée, je pleure quelques cailloux, je m’agenouille 
      plus je tombe et plus je grandis, j’ai l’impression

      on ne fait plus comme si, ce n’est plus l’heure
      nous sommes la vierge accouchant du temps présent, c’est à dire à la fois éternel
      et couchant.
      croît l’infini et on s’en fout, on s’en fout
      précisément parce que croît l’infini, l’exil à 360°

      depuis longtemps déjà
      et sans doute à jamais
      jamais c’est clair

    dormir n'en fait pas l'tour
    19 décembre 2017

  • pieds nus dans la neige

      il est si compliqué de vivre ici, dans l’écart attenant
      et de vivre pourtant, cependant

      dans l’ordre et le désordre, à la minute-là
      on la creuse et dedans
      contient tout l’univers, à l’envers

      nuptiale, elle est d’abord
      quand elle relève un peu le bord, et alors
      fulgurante d’extase, élégamment penchée…

      trêve d’inepties, l’un ne se fera
      pas sans l’autre, et c’est à soi qu’on pense, quand on n’y
      pense pas

      né d’autre part, je n’y avais pas pensé. mais je ne pense pas vraiment, non plus
      vraiment je pense à rien, je pense à nu

      le retour est bloqué, comment le débloquer
      je danse avec les mains, les mains m’en tombent
      – rien n’y fait

      entre un seul pas je quitte la route, entre deux arbres
      qui m’écartent. je l’appelle comme ça

      je ne m’y attendais pas, simplement je n’ai pu l’empêcher
      l’empêcher s’est couché sur le dos, et alors là…

    18 décembre 2017

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