nature du vide ô nature du vide de la nature, j’aimais ton corps, à la passion j’aimais ton corps je me branlais dedans dessus, devant derrière j’aimais ton corps, nature du vide ô nature oblique garante de tous les testaments
mon chien d’abord c’est pas un chien, c’est une puce pas même une puce pas puce à moi d’abord, c’est un homme, un homme à part il parle à distance, il danse à contretemps, il chante il appelle ça chanter mais quand il chante c’est la mort qui s’éveille, ce grand sexe alléchant
ma pluie c’est pour tout l’monde, pas de jaloux et c’est tout, ma pluie c’est pour tout l’monde et les peuples restants, les peuples harassants, ma pluie c’est pour tout l’monde et quand je reste à sec, mais tellement à sec, ma pluie c’est triste à sec
chien, chien comme tu y penses, chien à l’extrême il est des vues… tu peux pas imaginer il est des vues, peuplées d’une seule image ma vie c’est quoi ma vie c’est une vie, et elle n’y a rien vu, bagnole en sa misère, belle à crier pendant que le loup la fouille
ma cheville certes, n’arrive pas à la hauteur du chrysanthème: je garde cependant le désespoir tranquille, je le chéris jamais ne m’en sépare, d’ailleurs du nord au nord ne se noie que le nord – son rien triste impeccable ça ressemble à la pure baie de somme et j’en passe, décharné j’y repasse, le point crucial et dès lors culminent où je ne me retrouve pas c’est évident
les hommes sentent la pluie ou pire s’ils se sont masturbés précédemment, le pouce par dessus j’ai toujours été l’aube de l’aube, l’hôte de l’hôte, l’amant quasi fidèle ou le picard de trop l’étranger de service – je me déparle en vous
j’ai presque un dieu devant ma croix – cependant rien ne frémit, nulle érection ne se profile à l’horizon de tout pendant, éructant, cruciférant l’amour a le bon dos on fuck l’amour en veux-tu en voilà mais croûteux cœur tari en veux-tu en voilà je crains, je crains n’avoir rien oublié
ma nuage s’avance, ma nuage s’engage, mon dieu s’est chopé la chtouille, l’avait qu’à faire attention – par exemple moi, io, ego, fais attention je redresse le tronc relève la tête, la plante dans le trou du néant et me rassure: rien ne sera pire, mon dieu, que de ne pas avoir été
parle-moi d’une chose, parle m’en d’une autre, peut-être qu’on se retrouve quelque part quelque part ou d’ailleurs, parle-moi d’une langue, effilée essorée, d’une langue estropiée, qu’on aime quand on la suce qu’on crache quand on l’amer
que chaque verre m’atteste je ne meurs pas j’essaie juste d’emprunter le sentier escarpé entre ce qu’il m’eut semblé et ce dont j’eus rêvé, parallèles étriqués, je bandais pur, je bandais pur et tu pleurais, tu pleurais comme si de rien n’était et effectivement, effectivement de rien n’était
la peur nous vient du ventre mais le ventre mou, trou noir au centre de la mémoire et je ne m’appelle plus rien, ne me rappelle ni le son ni le geste d’une pierre tombée unilattéralement tombée
si mon chien est mort c’est qu’il n’est pas vraiment mort, c’est que je ne l’ai pas vraiment tué – j’envie ces mondes, ces hécatombes où je n’existe pas, mais si mon chien est mort c’est que le punk en moi n’aura pas survécu
de boréales fraternités, un os qu’on n’a pas fini de ronger, je ne suis l’ami que d’une ombre errante, d’une putain d’ombre errante et elle erre entre les tombes des morts et de ceux qui ne le sont pas encore, à rebours de toute solidarité, rebut d’une vague à contre-courant c’est tout
mes pays s’exclament gloire aux vaincus mais ma croix permanente, ma permacroix mon petit soleil aidant, petit soleil poussant, repoussant je n’ai qu’un trou noir, et cette nitescence d’emblée que seul peut concevoir un trou noir
j’aime ta vie, je suce ta vie, de tout le long de ma longue langue je suce ta longue vie et ta vie me retient d’être, de respirer, de crier enfin, quand à la fin je crie tu vois: je n’aime rien que l’herbe rase en ce terrain vague et vérolé de la présente éternité…
il y a mis la mort, le sentiment d’une rupture les larmes bien au sec. et puis les yeux bandés, si tristement bandés qu’une autre idée, ni meilleure n’est possible. c’est ainsi, pas autrement, ou autrement ainsi ouvrir un trou, littéralement respirer par le néant
entre les eaux du premier pont, il n’y a rien que les eaux tombant du pont, soit un cri mal poussé tombe en flocons légers, rien ne penche au bon côté, rien pour endiguer les flots de ce débit amoureux
nature à droite attention, nature à droite et c’est déjà pas gai, non, vraiment pas gai la transcendance de vigueur, les petits bateaux à douleur qui s’y promènent de long en large, qui s’y promènent ça c’est fini : la queue cloquée leur tombe des mains
quelque chose nous marche dessus. et c’est plus dur qu’un nuage plus asphyxiant. au bord de la mer remue la mer, au bord de la terre la terre aussi remue. c’est du moins ce qu’on prétend
une vie sans nombre, une vie à se marcher dessus, écrasant méchamment l’ombre qui nous pend. personnellement, je n’ai pas de chien pas de chien pas de puces, dont je ne tiens pas le compte. les jours sans poèmes je fais semblant les autres aussi je fais semblant
un amour est entré dans la chambre, la chambre dont je sortis un jour pour errer n’importe où. je déteste rôder même si le sexe a perdu son nombril – ce qui peut arriver à tout un chacun, n’importe quand
j’avais une pomme alors j’ai écrasé une pomme avec le talon – splatch. il y a des villes dans le sud parait-il, qui ne pensent pas qu’il y a des villes dans le nord, un nord quelconque, ni même des continuités territoriales lesquelles ne continuent rien d’autre que ça
je n’existe plus en-dehors de ma mémoire, ça ne sert à rien – je pleure très sèchement très sèchement j’entrave le courant. mais je me noie dedans: une pierre, un caillou, le grain d’une poussière suffisent à me noyer dedans – où donc ailleurs que dedans?
on ne s’éloignera plus du bord, on criera à l’aide quand personne n’entendra on fera ce qu’on peut, quand on pourra, c’est à dire qu’on fera pas grand chose en vérité – pas grand chose c’est déjà rien.
à la gloire de rester comme ci, comme ça, ouvert sur le vide, le pauvre vide de soi et d’écarter les jambes, un peu quand le train passe dessous
je me suis, c’est bizarre déconnecté de mon destin, déconnecté de ma personnalité, je voudrais dire quelque chose mais il manque un toi, du bout des seins il manque une croix sur notre tombe houleuse
je retourne chez moi j’imagine que je retourne chez moi – évidemment il ne s’agit que d’élucubrations: sans cela comment serais-je jamais parti d’où que ce soit, pour où que ce soit, arrivant nulle part à l’heure pile, au lieu fixe, quels qu’ils soient
je rentre chez soi. il n’y a jamais personne, chez soi pas même moi un créneau de cinq à sept, une tasse d’univers je pense à quelqu’un qui ne pense pas à moi c’est tout ce que j’ai pour être là: une pensée à vide
être mort ne résout pas la question de la présence. s’étiolent les fidélités. je ne pénètre plus ma blessure – tant saigner ne sert à rien
les corps en partance s’agglutinent dans leur bouche or leur bouche erre sans baiser, branle sans conviction, leurs lèvres ne frémissent. les hommes quant à eux n’existent pas. ils ont beau se frotter la bite, les hommes ne se réveillent pas. on dirait qu’ils s’ennuient
bientôt je ne me nourris de rien. je ne me nourris de plus rien – de la maigreur d’un contentin. je ne veux pas vivre autre chose, je ne veux pas vivre. rien ne s’oublie: tout disparaît
c’est quoi ta vie, ton mystère, ta dolor d’amor mille fois ressassée? je te suce par la bouche et toi tu r’craches l’os, métèque, d’un vide incommensurable
je n’ai rien acheté, j’ai seulement préféré le jour qui passe, sachant que rien ne passe le bois ronflant l’aile trouée, le bas filé si c’est ça qui te rassure, si c’est ça qui t’ennuie
pourquoi tu m’habitues, pourquoi tu m’habitues à tout du bout de tes bas ressorts, au large de tes instincts gestatifs – à tes normes plaintives, à tes insurrections nues, de chair nue
c’est juste pour pas couler, c’est juste la bulle au-dessus du noyé – j’ai du marcher dessus j’ai du marcher dessus mais c’est pas grave écraser l’ombre nue
rien que le petit jour et ça crachouine, ça ne peut jouir que debout, enfoui sous son œil droit, le coude au rail gelé ça ne peut que s’enfoncer, où, vers un passé meilleur, vingt et un grammes d’irradiée…
c’est l’ombre de surcroît, je crois qu’on crève un peu d’avoir vécu, et c’est déjà le ciel, un genre de ciel écartant subséquemment ses cuisses boréales…
j’avais ma petite nuit, j’avais ma petite nuit tranquille, la vidéo interne, les chiens tournoyant sur leur queue – un chien n’a pas suffi il eut fallu les dents de mordre à même le vide du sujet
j’ai pas beau réciter mon poème alors que rien ne bouge, que le banc tangue un peu, j’ai pas beau rougir de plaisir quand y a pas de plaisir et que du plaisir ne reste et ne subsiste que la douleur amourante
j’irai gerber – j’irai gerber oui sur ta jolie paillasse pas parce que j’aime pas ta paillasse non, ni ne t’aime toi d’ailleurs mais parce que justement justement rien à sa façon
un soir avant la pluie un soir avant la pluie mais c’était rien, c’était juste ce soir-là qu’il pleuvait, comme il pleut tous les soirs à partir d’une certaine heure, vers certaines cités, ou sur de vastes plaines où on se dit que bon, allez, après tout on a l’habitude…
je m’inquiète. je m’inquiète de vous, grippée à ce miroir – je ne m’inquiète guère ni de rien: j’espère régner régner sur rien d’un azur profond
je vous aime or c’est à midi que j’éjacule le plus vite somnole-somnolence, qui me prend de vertige – dieu vote à gauche, laissant le trône vide…
tourmenté mais pas de trop, j’ai perdu l’habitude d’être, c’est comme la clope, je suis mort avant de vivre, j’écarte les bras: le vent oui, c’est con: le vent me chatouille
changement de décor, de civilisatoire, de posture héro-X, je soutiens le prolo prolifé- rant, le mystique insomniaque et l’alcool au volant
à chaque jour sa peine, sa cascade éventée – le jour qui meurt est un jour qui meurt. à chaque jour son jour, sa claque dans le dos, à chaque jour son ombre à peine refermée