il y a un chemin ça veut dire que des pas l’ont tracé là devant moi, et je ne sais que faire du chemin
le choix s’avère réduit d’ailleurs: avancer; rebrousser; s’asseoir là sur un banc et regarder passer, se regarder passer, regarder ne rien se passer
la dernière fois que je suis mort j’ai vraiment cru y croire, mais là seul entre moi je n’y crois plus vraiment, sans même savoir quoi…
.
j’ai voulu te parler mais je me suis trouvé sans rien à dire, comme écourté. j’aurais menti de toute façon – de toute façon peut-on ne pas mentir?
la navigation ça bouge trop. l’espace ici convient mieux aux transports ferroviaires. les trains sont beaucoup plus à l’aise en ces situations-là
vraiment tout dire, ne serait-ce pas du suicide? se dépouiller et dire vas-y, frappe maintenant, lacère? le syndrome de la victime expiatoire, du martyre consentant – vous ôter votre slip, madame?
j’ai toujours voulu revenir, revenir quelque part mais je n’ai jamais su où
.
tu crois que je meurs alors que justement je fais tout pour ne pas, à tel point que je me suis fait mine sous chacun de mes pas
et je rêve d’un champ nu, une ruine de champ où auraient explosé toutes mes mines, et la mort assumée
je rêve enfin d’aimer, que le vermoulu de la croix se change en sel de la mer, et qu’en lécher le sang élève un tant soit peu
la vague de vivre au-dessus de son creux…




