mourir d’ennui n’a pas d’ami; mourir d’ennui ne risque rien
mourir d’ennui ne va pas à la mer; ainsi ne fait pas chier les mouettes
mourir d’ennui respire enfin, oui, respire l’air du large, oui, l’air du
large en bouteille
.
votre plus grand respect trempe son gland dans l’eau froide, votre plus grand respect
j’écris un tronc, mais un tronc ne s’écrit pas: il fuit en branches, en branches vers le nord
un nord bien modique certes, mais un nord tout de même, avec ses gelées blanches à la commissure du gland
– du gland du nord, madame…
.
la figure de l’être, on l’appelle arbre.
il n’y a pas d’arbre dans mon champ, dans mon champ c’est plein champ.
pas d’herbe dans ma vie non plus, ma vie toute désherbée, ma vie sexe épilé.
respire à plein poumon – l’étendue du non-être on l’appelle champ, et les champs sont fauchés.
à la belle saison, respire à plein poumon, à la belle saison, triste figure de l’être.
et les champs sont fauchés.
.
les arrières brûlés. les chose sont neuves, les choses sont vieilles, les choses sont de toujours
je ne comprends rien. neuf, vieux, de toujours. tout droit c’est de n’importe quel côté
mon amie s’habille comme ci, mon amie s’habille comme ça, mon amie ne s’habille pas – l’horizon c’est ici
c’est comme ça tous les jours, l’horizon c’est ici, du bout du pied et il remue un peu
au bout du pied et il remue encore, mon destin c’est par là
.
le + c’est le rouge et le – c’est le noir
pour le blanc, superposer le + et le – , serrer bien fort, secouer quelques instants
le + c’est le rouge et le – c’est le noir, n’oublie pas
n’oublie pas: prends le panier. ramasse les fraises. mets les fraises dans le panier.
tel julie.




