bulle de matière à l’âme flottante, elle va, tel un christ sans croix
elle pleure à sec
on dirait qu’elle fluctue le long de berges mornes, le ventre retenant
le secret
de sa naissance
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elle, ou tu, est une figure mythologique incontournable du poème. il ne peut y avoir de voix sans elle/tu, pas de parole, pas de poème. elle/tu est un genre de panaghia punk, parfois marie de verre parfois ange de mort. elle/tu est un christ femelle, ou alors une croix qui, ayant perdu son crucifié, danse toute seule sur la lande. mauvaise herbe ou rose d’ispahan, ventre d’une chienne et l’âme d’une tombe, elle habille, peuple ou démine le vide effroyable qui me sépare de dieu
miroir-matrice
vitre qui saigne
brume brûlée,
en elle je dérive en une absence à l’odeur d’orgasme. elle l’ancêtre de ma voix, la porte qui s’envole, premier et dernier pas de mon chemin perdu, de mon errance à jeun…
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si la réalité ne s’accorde pas à la parole c’est la parole qu’il faut croire. car il est dit que le verbe s’est fait chair et non l’inverse. la réalité ignore l’ordre du verbe, la mélancolie du verbe, la folie dernière du verbe. elle est comme le rêve du verbe chauffé à blanc. et si la réalité ne s’accorde pas à cette parole-ci c’est la parole qu’il faut croire. car il est dit que le verbe s’est fait chair, et nounou tendant vers moi son index me disait tiens, tu veux l’mien, il est plus gros…





