les hommes aux cheveux longs, on les peigne en gestes larges
on les peigne avec douceur – une fois qu’on a viré tout ça on chiale tranquille
récidiver ne porte à rien
les hommes aux cheveux longs sont munis d’oreilles mystérieuses, clairs de lune à l’eau d’javel
ou regards inversés
il n’y a plus qu’une langue, il n’y a plus qu’un pays – où la marée s’embourbe
la bouche collée à la vitre, tandis que le reste de mon corps, colin-maillard à qui crier pitié ?
c’est comme crier pouce, time out, se toucher du genou en rêvant
qu’un sexe y pousse, et allez qu’on s’bave dessus…
quelqu’un s’est-il trompé de jour, ou le jour de personne ? j’ai pris congé
infinitésimal et cependant, d’un congé maximal
des choses continuent de tomber, d’autres de pousser, d’une tristesse ostentatoire
le doigt disparaît dans l’anus ou similaire, pour ne réapparaître des siècles plus tôt sous une forme d’éden,
de noyau mal craché
j’ai la terre sous les ongles, l’eau de mer dans la cervelle, on fera mieux la prochaine fois
on s’habitue si peu à soi, sans pouvoir s’en détacher pourtant, sans s’en débarrasser
on a couché avec la femme au mouchoir
on a couché avec le mouchoir
on a couché avec la seule poussière
plus un trou dans l’océan. l’océan ou la négation-même de l’homme
le néant ne faisant que lui caresser la langue
de la pointe à la racine de la langue, un clou résurrecteur
– est-ce que ça va puer encore longtemps comme ça, la mer à la dérive,
les algues à marée basse ?




