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assis là sur un banc


  • les contrastes chaud-froid

      de tous les hommes, de tous les hommes de toutes les foires
      dont sont revenus les hommes, titubés exhibant à leur cou la marque de
      leur amour hors norme

      dieu n’est plus qu’un petit trop galeux, et nous avons fini par mourir nous aussi – il eut été dommage
      d’en faire autrement, et de tourner semblant: la ronde
      s’échancrait vers le centre

      qu’aurais-je donné ma vie pour entendre braire l’âne, tocsin d’im-
      muable fébrilité – j’ai les pieds g’lés, les pieds les couilles, et jusqu’à la pom-
      me d’adam, complètement g’lée

      un homme, une idée morne, nous descendions
      prêtant nos flancs au carmin des morsures, et ce que nous enculions
      tournait vers nous
      face de vent, grimace ecchymosée, cassandre d’aubépine et cætera
      et cætera…

      et dire qu’on affuble les hommes
      de prénoms à la con, de cornes
      de carences malignes, du crottin sur le crâne des bêtes, on n’immolera plus
      que soi, tant que soi le vaut bien, et tant pis
      si soi le vaut pas bien

    les contrastes chaud-froid
    7 mai 2019

  • le moment v’nu

      arpenter mais mon amour, c’est un soleil si dense, un pont brûlé par les deux bouts. aimer je n’ai jamais
      jamais haï que moi, le godemickey

      la carence a des choses trop vides à nous porter, si flasque à nos épaules qu’on n’en sent plus le poids, qu’on n’en me-
      sure plus l’assiette

      le singulier n’est pas mon ami, et de ce fait meurt en route tandis que
      le pluriel me lâche, vessie crevée…

      mourir s’entrecroise avec évidemment passion. mais je reste si sage, si sage à la raie droite
      face à qui ce désastre

      je t’appelle un ch’veu quoiqu’il soit tard, si tard pour nous, les globes pendant en bout de branches. voudrais décrire les choses telles qu’elles sont or elle ne sont,
      image coupée du son

      à l’arrivée je meurs: non parvenir au vrai mais comment s’en prémunir, et quel mauvais danseur je fais, assis nu sur un fil,
      pleurant mon jus…

    le moment v'nu
    5 mai 2019

  • parce que je sors de sources froides, et si froides

      il y a avec, et il y a sans
      il y a pour, et les ports en eau trouble
      manifestement il n’y a pas, augmenté d’audition

      tout ce que tu veux mais dont l’air est infirme
      et ne respire pas
      non ne respire pas: ça pourrait te
      porter malheur
      – d’où malheur à celui…

      si tu te coupes les cheveux je ne me lave plus
      et ne me laverai tant qu’ils n’auront
      pas repoussé. je le jure
      sur la tête de ma mère. je le jure
      sur les os de mon père. je le jure
      sur la vague fêlée…

      le silence qu’on écoute n’est pas le silence qu’on n’entend pas
      il s’en éloigne infiniment
      le silence qu’on écoute
      nous écarte à jamais

      l’année dernière, j’embrassais une fille sur la bouche
      aujourd’hui, la peau du dos vitriolée. des fleurs éclosent
      dans le fond du miroir
      du miroir c’est pas croyable

      l’amer tempère. je vais quelque part
      quelque part n’a pas
      sa place ici. ni ailleurs. quelque part
      n’a sa place nulle part
      c’est pas plus triste que ça

    parce que je sors de sources froides, et si froides
    3 mai 2019

  • je n’ai plus d’argent. j’achète mon corps avec mon corps

      je n’ai pas de volonté, telle est ma volonté dernière.
      je n’abrite de rien, tiens-moi le parapluie
      et lorsque je jouis c’est à tort et à travers – y a t-il un sens juste
      au vent qui s’en retourne?

      mon chien qu’un chien saborde, mais c’était pas le même.
      cet amour de la nudité spirituelle le doit-on à la souffrance, ou à la rude habitude
      de se branler en silence?
      le chien c’est mort

      errant par tous les temps, la jambe creuse il boite un peu
      à moins qu’il ne titube
      un pas sur deux c’est une valse
      qui boite un peu, et que faire de soi mort, et pourquoi de soi mort
      faire quoi que ce soit, sinon qu’ça pue?

      un homme est à rebours d’un homme
      et ce quelque soit son genre, son côté punk
      j’ai pas la vie devant moi, ni derrière, mais la mort en plein centre
      alors pour subsister je traîne à la périphérie, dans la pure banlieue rose-fumé
      de varsovie sur sarthe…

      il s’enfonce comme un clou, si ça se trouve c’est un clou, un clou
      qu’a pas trouvé son trou.
      je crois qu’il va marcher comme ça mille ans tout seul, en écrasant les herbes
      comme à chaque foulée plantant son bâton ivre
      dans l’œil d’une pieuvre…

    2 mai 2019

  • les chiens n’sont pas contents oh non, les chiens n’sont pas contents

      chien d’orgue, sauf qu’il ne remue plus la queue.
      par contumace – tout ce que tu voudras, mais par contumace
      jusqu’à ce qu’il finisse, au glorieux sens du terme
      comme pauvre con, ouvert à tous les vents glaciaux ou génitaux
      de sa putain de condition

      j’achète du vide. j’érige un vide. j’investis… dans le vide évidemment.
      un coton-tige planté dans chaque oreille, j’attends venir le temps
      ça tombe bien il me reste les quelques kopecks indispensables
      à la vodka du dimanche

      je marche dans ta ville
      hébété dans ta ville
      ta pure ville de merde
      je traverse ta ville avec le sentiment aigu d’être un fléau – peu importe que ce ne soit qu’à moi-même
      je te pisse partout. la sainteté
      ne se mérite pas

      un petit cheval de travers, genre la patte cassée du chemin.
      on a oublié pourquoi le chemin, d’où à où, et par quel labeur
      alors on parle comme une langue dont on ne comprendrait le sens, des mots, des phrases
      c’est par de tels petits bonheurs, morceaux choisis d’insignifiance, qu’on prétend vainement retarder
      l’inéluctable…

      ta gueule et dis-moi
      combien je te dois.
      ah bon? si peu? et moi qui pensais
      tenir un gros gibier, j’encule une porte ouverte.
      ton petit sablier, n’oublie guère ton petit sablier, et ce petit tablier dont les coins
      entament ma dignité

    les chiens n'sont pas contents oh non, les chiens n'sont pas contents
    30 avril 2019

  • ils explosèrent la nuit, de leur amour fluo

      ma contestation s’arrête là, au pied plat d’un voyage détricoté
      d’être quelqu’un mon sang s’est comme figé, il a passé l’éponge sur son
      errance exorbitée

      pas d’origine. un osselet peut-être, craquant
      sous le venteux charnier. du poil tout autour de la bite, une simple paille
      pour siphonner l’espace
      tout l’espace

      tu ne m’appelles pas, ni par mon nom
      on s’arrange comme on peut pour se trouver du côté de ce qui ne se nomme pas
      on joue à un deux trois trou-noir, on triture nos ruptures…

      mort de mort, quoi de plus naturel. un chien traversait la route
      ou fut-ce le contraire?
      le contraire me plaît bien, il a ouvert mes os
      mes os en rut

      l’effroi l’ivresse, et ma petite main traînante sur les fesses
      de l’incommensurable vide
      je passais père-piéton, je brûlais les chardons – navrais-je jamais
      aimé qu’à reculons?

      qui croit encore au réel, alors même qu’on le voit un à un dévastant
      tous les champs du possible – m »effraient les arbres
      qui règnent de régner, la pluie qui tombe pour tomber, tandis qu’à moi seul l’injonction
      de me dresser pour rien

      solitaire, et plus encore qu’un peuple, un doigt dans l’cul ou
      le vent en poupe si tu préfères. si tu préfères je t’aime, sinon les petits riens
      continueront de faire
      le rien du tout

    28 avril 2019

  • je est un universel quand il se nique un trou, une souche

      la pluie selon son genre et alors quoi? alors il eut été
      bon si j’ose dire, d’assumer l’existence – assumer quoi? assumer
      l’existence, ce côté rance de l’histoire, ce côté funk

      ceci me sert d’aimer
      et cela, pour toute échappe à la nécessité: le trident
      d’une tristesse affolante.
      c’est à déraciner qui quoi, c’est à larguer précaire
      dans l’oubli si je veux

      ce n’est pas mon langage. ce n’est pas
      ma suprématie-lige, la preuve par le vide
      si prenant place autour et derrière toi, je pends un clock – je pends
      un clock

      chez moi n’existe pas, je nettoie mon balcon
      de ces feuilles mortes et bien mortes
      – un sexe s’introduit dans un autre sexe avec
      bien moins de subtilité que ça

      combien d’accents ont su mouler ma langue, et l’assouplir
      m’en manque t-il encore un, précédent le chant e
      ai-je jeté ce pont vide
      sur des cartes sableuses…

      tu vois tu sais comment on dit, cependant n’en dis rien
      empale la merlette d’un pieu tout de guimauve
      et de nuage calcaire

      tu vois tu foules
      l’herbe rase – un vent s’en mêle
      à la brutalité du vent susdit j’oppose ma surdité, c’est pas comme si
      je savais où j’allais…

    je est un universel quand il se nique un trou, une souche
    27 avril 2019

  • c’est les aimer jusque là

      ma soif y va sans soif, après elle part.
      je la traite de menteuse, de menteuse et de menteuse, de menteuse tout le temps
      où habiter? homme ou ange, femme ou bête dis-moi donc: où habiter?

      les chiens sont transparents – on y voit à travers et qu’y voit-on à travers?
      le trottoir, ce savant…
      dans ta vie on ne trouve pas de trottoirs – qu’une rue vide, et sans appâts
      qu’une rue vide

      tu me fermes la gueule mais quand tu crois me fermer la gueule tu ne fais qu’ouvrir un trou à l’intérieur d’un trou
      enfle le trou, jusqu’à l’épaisseur d’une aiguille, l’épuisement du manque
      ne suis riche de rien, pas même de moi, j’attends au parc j’attends
      au cas où tu repasserais

      fessée chinoise et mort de trouille, langue râpée au lèche-foune
      j’ajoute une flaque – il y a même une photo de moi en train de porter une pierre
      vaincu d’emblée, j’aime à rebours…

      il embrasse le lépreux il se
      branle entre deux, une meuf lui dit arrête, mais putain arrête il fait comme s’il
      avait pas entendu, il embrasse le lépreux le lépreux lui dit bon, ça suffit – il se rouge les lèvres il se dit bon, que le lépreux s’en aille en
      emportant la meuf. lui se défend d’être

    25 avril 2019

  • célébration du corps tendu

      une sorte ce combat s’acharne contre moi
      je m’en fous
      à la neige la montagne est absente. je rêve à vide

      le peu de jour se lève. à qui ferais-je peur?
      je ne suis plus apte à recevoir la beauté, la beauté ne m’émeut pas, l’air
      ne me respire pas
      un trans-heureux me fasse rire

      audace d’un bond. décolle oui, de quelques centimètres oui, mais ne pas savoir atterrir
      ni où atterrir. rater son frein.
      ou quand tout va, obstinément demeurer là
      là

      c’est tranquille dehors, en cette saison basse
      quelqu’un s’avance vers moi, se rapproche dangereusement. son intention m’élimine, que je ne devine pas
      elle s’assied pourquoi faire, sur mon banc pourquoi faire

      j’ai pas d’anniversaire, mon rat s’est fait la malle
      il y a encore un travail d’excision à accomplir sur soi
      les beaux jours, on les appelle comme ça, par contraste avec les autres, je suppose

      l’herbe rase, et nous n’en sommes qu’au début
      à la foire au boudin j’ai pas vu mon copain – les filles se moquent de moi, elles me charrient « mais alors il est où ton copain? »
      renfrogné, je tire ma taffe

    célébration du corps tendu
    24 avril 2019

  • marelle d’authenticité

      je ne sens pas bon. elle pénètre en ce garçon et se dit ça, se dit qu’elle
      ne sent pas bon. ce garçon dur en elle

      alors elle tend l’oreille

      je suis prison comme celle qu’on emboîte, et miracle essoré
      la première venue, la dernière arrivée
      défaite de chacun de mes muscles

      pincée, la corde détendue…

      je n’adresse pas de message – à qui
      adresserais-je un message?
      j’ai beau souffler, souffler, la braise ne rougit

      le miroir ne s’embue

      la beauté dégradée, lumière qu’on émiette entre ses doigts, disons ses doigts
      j’ai soif d’orgasme, viscéral mental, ou selon son portrait:
      je me regarde, banale sidérale

      ainsi soumise…

      il n’y a plus d’homme debout – que nuages s’ennuient, filant doux
      plus d’homme qui me torche l’anus, qui m’écarte les fesses pour me parler de lui
      d’ailleurs je n’entends plus personne

      personne ne me tutoie

      les bêtes ont la vie sauve. les autres pensent s’en sortir en mangeant leurs enfants
      ou s’exercent à quelque contrefaçon de suicide
      les femmes contre toute attente

      découvrent enfin l’amour

    22 avril 2019

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