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assis là sur un banc


  • elle s’appelle nada, parce qu’elle s’appelle nada

      tu n’as plus besoin d’histoire, tu n’as plus besoin de mémoire, tu tournes et tu t’en vas
      je cherche sur la ligne de ma main l’entaille d’un rendez-vous et la ligne en vain saigne
      tu me tutoies comme si tu me connaissais alors même que tu ignores mon nom. tu me dis mais tu n’as pas de nom toi, et je n’ai pas de rendez-vous non plus
      – mais à qui le confierais-je?

      .

      tu me regardes faire, or je ne fais rien. par contre tu m’entends dire, même si ce que je dis n’a pas vraiment d’ombre, ou bien n’est que l’ombre d’une chose invisible, qui volerait dans l’air ambiant mais dépourvue de tout poids, de toute masse ou matière
      c’est à ce moment -là que tu me sors il faut bien vivre pourtant

      .

      tout cela semble bien étrange vraiment, bien étrange pourtant. je parle d’un homme et cet homme se confond à son reflet sur la vitre, ou au bruit d’un moteur dans la cour. je parle d’une femme et cette femme vit totalement en dehors de son corps, comme exclue de sa voix

      .

      je ne peux rien faire d’autre que ce que je fais et je ne peux pas ne pas être non plus, même en me tuant
      en de rares occasions certes je pourrais intervenir, cependant je m’en abstiens de crainte d’engendrer l’irréparable, aux conséquences imprévisibles
      alors je pêche sans appât, je pêche sans bouchon je pêche sans rivière, attendant que ça morde…

      .

      je n’aurais jamais du quitter belgrade, et tout ce que je n’aurais jamais du faire me condamne à une forme de vie sous respiration artificielle, aux pâtes alimentaires, au semblant d’exister je n’aurais jamais du, dis-je,
     quitter belgrade, ni le bord de la mer…

      .

      à l’ère de la profusion quelqu’un découvre la famine et ut lui serres la main, un peu comme on tord le cou un vendredi à la bestiole qu’on va manger le samedi
      j’ai envie de te faire quelque chose de sale et d’humiliant parce que le seul moyen à ce stade de survivre c’est de me souiller, de me souiller définitivement, qu’il n’y ait point de retour…

      .

      on meurt bien-sûr, on meurt, mais juste un peu au-dessus flotte la littérature
      un individu c’est qu’un individu, ça n’importe pas. n’importe que le hasard de dieu à s’accomplir à travers lui, nous, moi – toi, ma chatte
      et tu sais que je t’aime bien, que jamais ça ne pourra suffire mais qu’il n’y a rien de plus que ça
      alors vas t’en
      

    30 mars 2016

  • Dame-pipi

      tu n’as plus besoin d’histoire, tu n’as plus besoin de mémoire, tu tournes et tu t’en vas
      je cherche sur la ligne de ma main l’entaille d’un rendez-vous et la ligne en vain saigne
      tu me tutoies comme si tu me connaissais alors même que tu ignores mon nom. tu me dis mais tu n’as pas de nom toi, et je n’ai pas de rendez-vous non plus
      – mais à qui le confierais-je?

     

      tu me regardes faire, or je ne fais rien. par contre tu m’entends dire, même si ce que je dis n’a pas vraiment d’ombre, ou bien n’est que l’ombre d’une chose invisible, qui volerait dans l’air ambiant mais dépourvue de tout poids, de toute masse ou matière
      c’est à ce moment -là que tu me sors il faut bien vivre pourtant

     

      tout cela semble bien étrange vraiment, bien étrange pourtant. je parle d’un homme et cet homme se confond à son reflet sur la vitre, ou au bruit d’un moteur dans la cour. je parle d’une femme et cette femme vit totalement en dehors de son corps, comme exclue de sa voix

     

      je ne peux rien faire d’autre que ce que je fais et je ne peux pas ne pas être non plus, même en me tuant
      en de rares occasions certes je pourrais intervenir, cependant je m’en abstiens de crainte d’engendrer l’irréparable, aux conséquences imprévisibles
      alors je pêche sans appât, je pêche sans bouchon je pêche sans rivière, attendant que ça morde…

     

      je n’aurais jamais du quitter belgrade, et tout ce que je n’aurais jamais du faire me condamne à une forme de vie sous respiration artificielle, aux pâtes alimentaires, au semblant d’exister je n’aurais jamais du, dis-je,
     quitter belgrade, ni le bord de la mer…

     

      à l’ère de la profusion quelqu’un découvre la famine et ut lui serres la main, un peu comme on tord le cou un vendredi à la bestiole qu’on va manger le samedi
      j’ai envie de te faire quelque chose de sale et d’humiliant parce que le seul moyen à ce stade de survivre c’est de me souiller, de me souiller définitivement, qu’il n’y ait point de retour…

     

      on meurt bien-sûr, on meurt, mais juste un peu au-dessus flotte la littérature
      un individu c’est qu’un individu, ça n’importe pas. n’importe que le hasard de dieu à s’accomplir à travers lui, nous, moi – toi, ma chatte
      et tu sais que je t’aime bien, que jamais ça ne pourra suffire mais qu’il n’y a rien de plus que ça
      alors vas t’en
      

    Dame-pipi
    30 mars 2016

  • tombe des nues

      un verre, un verre à soif
      quelque part là, coincé entre deux anses, la forme vague d’un homme
      j’aboie puis je me mords, la queue s’entend, j’essuie une paresse
      quelques mots tentent de m’absoudre
      – sans grand succès…

      .

      je suis le corps d’une idée sans raison. j’arrache un à un les poils de ton pubis en ânonnant un peu, beaucoup, passionnément, ne me faisant guère d’illusion quant à l’issue du combat
      avec obstination je persiste dans l’idée probablement erronée 
      qu’être
      dénote un état suicidaire chez le patient confiné sous l’abri-bus
      par une averse malvenue…

      .

      que les choses soient claires: on ne voit vraiment loin que dans l’obscurité la plus totale, alors qu’aucun objet ne vient obstruer la vision, aucune clarté l’éblouir 
      afin de pleinement voir il ne faut rien voir – dans le néant absolu s’épanouit la conscience limpide
      de n’être que la vision sans fin ni cause
      de son propre néant.
      en d’autres termes, la soif d’absolu ne peut être bue et étanchée que par cette même soif d’absolu

      .

      il fait toujours froid au-delà de mon souffle, de ma pensée, de mon corps
      fermer la porte ne suffit pas, je tourne la clé dans la serrure, je ne sais que faire de plus
      si ce n’est regarder en moi exploser chaque mine sous le poids-même de mon regard,
      ou pencher du côté où ça flanche, solidement appuyé sur la chute afin de ne plus y succomber
      – j’avale vivantes des grenouilles, en quelque sorte…

      .

      tu ne me pardonnes pas
      d’ailleurs je n’y tiens pas – j’ai besoin de ton désaveu
      j’ai besoin de ne plus pouvoir te parler, de ne plus pouvoir comprendre quiconque
      j’ai besoin de me défaire de la souillure de l’histoire, de mon histoire, de toute histoire
      – qu’une comète explose en abordant l’atmosphère, bute sur une femme stérile, éjacule avant même de l’avoir pénétrer, c’est à peu près normal
      ce qui est surprenant c’est que celle-ci en soit tombée enceinte…
      

    30 mars 2016

  • celle qui s’en va

      il s’en va
      pressé de rien
      pressé de rien comme au premier
      départ

      une poignée de vent lâchée au vent
      une odeur de terre à la terre rendue
      il s’en va
      pour un autre chemin

      un chemin hors destin, à la marge
      un chemin pour aller, s »en aller
      et ne plus jamais se, s »en
      retourner

      .

      c’était une autre vie, une autre vie dans la mesure où les racines pour la frondaison constituent une autre vie, dont l’aveu s’avère aussi nécessaire qu’angoissant
      cordon ombilical nous liant aux ténèbres originelles, écho d’un cri jamais éteint, jamais tout à fait ravalé, le récit d’une trahison, d’un point G de la géhenne – du drame intime le clou dont on lèche la pointe jusqu’à s’en déchirer tendrement la langue
      et choper l’tétanos

      .

      il y a des pelletées – et c’est surtout les dernières – qu’on a bien du mal à soulever, plus encore à vider
      des morts qu’on n’arrive pas à enfouir définitivement alors on reste là comme un con, pelle à la main, rame en suspens
      attendant l’heure navigable, l’heure
      de la rejoindre

      .

      les lettres
      qu’on adresse à nos morts (c’est à dire à ceux dont nous sommes les morts)
      flottent dans l’air, soupirent faiblement
      nous levons de grands silences, les yeux se fendant face au jour
      d’où nul espoir ne se profile, ni de retour
      ni d’aucune délivrance…

      .

      ou celui se noyant dans un simple verre d’eau
      quand il ne reste qu’un verre d’eau
      où se noyer…

    celle qui s'en va
    30 mars 2016

  • tu m’achètes un jouet, je le casse

      le cheval
      penche toujours un peu d’un côté

      je n’aime pas
      une fille

      manque l’arbre
      où se pendre

      mais le pendu s’en fout, lui
      qui balance

      à l’infini n’en finit pas de
      se balancer


                *


      première, première dansante
      sur le rebord
      précisément

      les tuiles
      sur les tuiles
      ne font pas toit

      je t’implore, néant
      entre mes mains
      tu les réchauffes à peine

      je vais encore
      putain je vais encore
      mourir de travers


                *


      tu crois qu’il y a un espace mais il n’y a pas d’espace

      tu embrasses la vitre sur la bouche, tu te prends pour un homme

      tu te prends pour une vitre

      derrière l’hiver, devant l’hiver

      entre les deux tu sombres, tu sombres carrément 


                *


      un jour un chien
      m’a mordu

      j’ai pas de vie
      j’ai pas de vie à moi

      un jour un chien
      m’a pissé d’sus

      il était l’heure du matin
      j’avais faim

      maintenant je m’en vais
      exactement comme qui

      je m’en vais n’a nulle part
      où aller


                *


      ton chien, dis à ton chien d’
      arrêter de me mordre

      elle est mort, elle est morte
      de tout temps

      il pleut, il pleut pourtant
      ou s’il pleut pas, il ne

      tardera pas

    tu m'achètes un jouet. je le casse
    30 mars 2016

  • et j’ai pas les oiseaux

      il y a quelque chose d’ambulant, d’ambulant ou d’ambulant pas, une roue qui a du mal à tourner, qui peine à se désembourber
      toute la vie devant soi, toute la vie derrière soi, et au milieu le trou du cul de dieu, l’anus théogonal, la mort en petites lettres, la distance du rien au rien nous traversant sans rencontrer d’autre résistance que celle d’un cri, dérisoire témoignage dune poupée qui fait non, d’une poupée qui fait oui, d’une poupée-marie…

      .

      lumineuse amertume. un peu comme un mendiant dégustant un croissant tout en continuant à tirer sur sa clope. tout feu cependant ne fume pas: quelques pas de plus et c’est déjà l’élégance du désespoir, l’écriture rageusement éthérée d’un nuage au fin vent…

      .

      j’ai même dormi sur la pelouse des jardins d’un roi. la porte de la reine resta sourde à mes grattements comme à mes couinements d’insecte. un garde bourru finalement me chassa dudit jardin, tel que préconisé dans le livre
      un peu plus tard une antigone de passage recouvrit ma dépouille d’une poignée de cendres. il est des gestes révélant toute l’épaisseur du mystère, le rendant plus intensément présent plutôt que de prétendre vainement l’élucider – allume une chandelle et l’obscur aussitôt se transvase au-dedans…

      .

      on ne voit pas la chaise sur laquelle on est assis, et qui nous colle aux fesses sans même qu’on y pense. on fait mine de se lever, d’ébaucher quelques pas dans une direction prétendument préméditée et dûment souhaitée, alors que c’est tout simplement la chaise qui nous porte et nous déporte selon sa nécessité propre
      … à moins que l’on n’en tombât malencontreusement, ou qu’un nain malveillant n’en sciât un pied, nous culbutant ainsi par dessus bord et nous faisant perdre le nord
      mais je vous l’assure je vous rassure: le sexe n’y est pour rien

      .

      nombreux ceux parmi nous vivant sous un régime de terreur, et bâtisseurs de digues afin de contenir leur panique dans le cadre d’une intimité branlante
      parfois cède une digue – est-ce là le signe indubitable de la sincérité? la sincérité suppose le sentiment d’une vérité intérieure, château de cartes par grand vent, carte des vents agrafée sur la peau d’un ciel meuble –
      et j’ai pas les oiseaux

    30 mars 2016

  • sordide entrenfant, enfant de l’entre-soi

      ton enfant est un homme mort. j’ai toujours la sensation de parler de l’instant vide, autour duquel tourne ma/la vie
      je préférerais ne pas avoir de sexe, qu’il n’y ait pas de sexe – alors aurais-je une chance, infinitésimale mais radieusement nécessaire,
      de te plaire, de t’atteindre…

      .

      la nuit comme la nuit c’est un saut à l’élastique, se frotter les dents avec du savon plein les doigts à moins que, à moins que
      l’immensité, d’une façon ou d’une autre, ne trouve son chemin à travers le labyrinthe de nos égarements successifs
      – elle a signé ma porte d’une croix blanche…

      .

      la réalité manquant de séduction, nos rêves débandent
      j’ai un respect quasi religieux pour les suicidés, ces saints méconnus de la plus pure contemporanéité 
      alors que moi je me satisfais d’un rien – au fond j’ai juste peur d’attraper froid…

      .

      j’aime les hommes, les hommes qu’une ombre…
      toute la dignité de leur douleur, j’aime les hommes
      qui pissent de travers, ivres quand ils rient
      à l’idée de mourir, amoureux, éperdument amoureux
      tandis que tout s’effondre…

      .

      les hommes s’ennuient, les hommes s’en foutent de toute façon
      près d’un orage un ciel dormait, et il dormait de toute façon
      on a cru un instant qu’il allait se mettre à chialer mais non, tout compte fait il s’est mis à
      dormir – maudit soit-il !

    30 mars 2016

  • panneau horaire

      l’humilité de n’être que soi, le jus extrait de la pomme broyée…
      volcan éteint sommeil troublé, un tout petit vertige – un vertige
      qui pleure debout

      .

      toute une vie durant…
      il y a l’éternité du temps, à laquelle succède ou se superpose
      l’éternelle pensée du temps – j’avais envie de t’embrasser
      disparurent l’élan, les lèvres, l’envers d’un soi-même
      – comment donc est-il possible que cette envie de t’embrasser
      ait survécu à tel naufrage ?

      .

      t’as vu d’instinct, t’as vu les choses bouger ?
      t’as entendu les chiens hurler, tes propres cellules se faire hara kiri, se régénérer, s’éteindre ?
      j’ai peur debout j’ai peur assis, attila dans mon slip

      .

      on mentira comme on pourra, on rêvera comme on respire – plus tard on s’entendra
      sur le fond comme sur la forme
      la vie qu’on mène est celle qu’on sème, or on n’a rien semé du tout, des graines jetées au vent maudit

      .

      je me suis rasé les lèvres, la bouche, le gosier, il ne reste rien en moi que l’horripilation
      d’être né, d’être là, de disparaître dans l’abîme de chaque pensée du fond duquel je me hèle, me harcèle…
      alors je me bourre la gueule, et quand le soulagement fait enfin pleinement corps à la déception je reste là, debout,
      immobile face au panneau horaire
      des tombes…

    panneau horaire
    30 mars 2016

  • εξαüλωση

        il n’est pas anodin de renier, de refouler à ce point le solaire en soi, d’être irrésistiblement aimanté pas la nuit la plus noire, le pur néant de dieu
      le néant signifie la dématérialisation de la mort, il nettoie la mort de son ignominie – c’est un dieu débranché, une théologique coupure de courant

      dieu est encore trop collé au vivant – il faut le surmonter. ruiner dieu, s’enfuir au-delà de tout espoir, c’est avant tout s’humilier, c’est frotter frotter ce putain d’bout d’bois entre ses mains jusqu’à ce qu’une flamme en délivre l’esprit
      sauf que le néant signifie bien plus qu’un orgasme, bien plus que la source ou l’absolution de toute douleur: il est l’amour tout simplement, sans cœur ni substance – il est l’absence
      de reflet dans la glace
      où se noyer enfin
      sans se noyer
      où ne pas être enfin
      sans ne pas être
      – un soleil sans éclat, la mort
      qui ne tue pas…

      un simple rayon de lumière suffit à briser le miroir. l’irruption inopinée de la réalité la plus triviale abolit instantanément le néant et en invalide l’hypothèse sur le champ
      le champ, le domaine par excellence du réel, magnifie nos hivers de son étendue nue. combien d’hivers vivra un homme? une poignée. il ne se souviendra pas de chacun séparément parce que la fonction affective du souvenir n’apprécie guère la dispersion
      je voudrais m’enfuir mais je sens que disposer de soi équivaudrait à embrasser la vache sur le cul tout en prétendant prendre le taureau par les cornes
      ou caresser les couilles de l’eunuque, comme tu voudras…

      il faudra donc se passer du dernier mot. il n’y a pas de dernier mot. pas plus qu’un cliché pris en passant ne nous restituera le lieu, la conscience ne saurait nous délivrer de la conscience. nous vivons, puisque nous sommes vivants. nous vivons parce que nous sommes vivants. ce miracle effroyable, ce décalage horaire alors qu’il n’y a plus d’heure référentielle, plus de greenwich plus de longitude – que l’aigre sonnerie dans tout le sang de la récré ou de sa fin, du temps restant comme 
      du temps perdu…
      

    30 mars 2016

  • j’ai pas d’maison

      mon âne me ramène au bercail ivre-mort sur son dos
      tout se passe bien finalement: ça aurait pu être le contraire après tout…

      .

      la joie d’un homme n’en finit pas. il en rit, il en rit, même après sa mort il en rit
      en attendant il trime, et il en chie
      d’un façon rudement bizarre…

      .

      parfois j’ai froid, parfois c’est la java – un peu triste peut-être, mais la java quand même
      qu’est-ce que ça peut te foutre à toi au fond, toi qui partout me suis…

      .

      les fils électriques au fond de ma fenêtre ne servent qu’une fois l’an, à l’automne, pour le rassemblement des hirondelles
      mais y avait pas d’hirondelles cette année, et ce sans explication

      .

      il ne me parle pas à moi mais à lui-même, il fait juste de la littérature. il n’aime que son amour pour moi et ne me voit même pas – se dit-elle en me claquant la porte aux dents

      .

      c’est pas gai quand il pleut, on a l’impression de vivre trop longtemps
      alors on fume une cigarette, pour passer le temps…

      .

      mon premier amour s’appelait zoti-zéro-seven, elle ouvrait à peine la bouche quand elle embrassait et je suçais l’émail. elle n’admettait tout simplement pas qu’elle trouvât ça dégueulasse
      mais je dis ça comme ça – au fond je ne lui en veut pas…

      .

      seul réel la douleur, ou le sentiment de notre propre néant – il tourne en rond et ne sait pas, il gerbe penché par dessus le garde-fou du ferry-boat
      oui, du ferry-boat…

      .

      demain il fera jour et je m’en fous
      cela ne me rassure pas plus que ça
      l’être n’est jamais plus l’être que lorsqu’il cède, lorsque se déchire le masque, ou qu’il soulève un pan
      de sa méshistoire…

    j'ai pas d'maison
    30 mars 2016

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