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assis là sur un banc


  • un chien s’enlise

       elle m’a tout simplement touché le bras et s’en apercevant a brusquement retiré sa main, improvisant quelques maladroites paroles de diversion
       le trou du cul d’la vase au cul, songé-je alors, or me taisant
       j’ai appris à ne pas voyager, à ne pas respirer, à ne pas même avouer ouf lors d’un orgasme de ouf
       par politesse j’ai laissé passer le temps…

       la mort est la mémoire des secrets, on tire sa langue et elle aspire le jus
       j’ai peut-être menti, pour ne pas trahir le rêve ou pour laisser à l’esprit la chance 
       de ne pas s’incarner, j’ai peut-être failli, et failli perdre entre deux rives basses
       le fil de l’eau, à moins d’un autre fil…

       barbaque – enfin découvris-je mon nom: barbaque, attila-précipice, ou bien encore sexe puant, fille rescapée…
       je peux encore prétendre tromper dieu
       je peux encore crever d’angoisse, trembler de tous mes nerfs en effleurant un visage
       je peux encore me dire mais où fus-tu, fils de pute, où errais-tu hébété tandis qu’elle…

       de la vase jusqu’aux g’noux, ça rentre dans les bottes…
       à quoi sert de prier, elle baise avec ses règles, elle n’a plus les moyens de tricher…
       je cherche dans les profondeurs de mon être un espace où réellement avoir mal, je n’en trouve pas
       j’entrouvre la pensée, la pensée me dit tiens, embouche ce biniou…

       elle est là quelque part dans les rangs, entre les lignes, béquille flottante, plage en décembre
       elle est là cimetière, et toi tu jouis par terre le gland dans la poussière, le gland tout de misère
       tu arroses la poussière pauv’ gland, tu arroses la misère….

       j’ai pas traîné, j’ai pas traîné longtemps, les trois quarts de ma vie
       l’autre quart je dormais, je glandais – je glandais par ailleurs, je veillais aux présages
       la mort vous déshabille ça c’est du gros bobard, la mort t’arrache ton slip, retrousse un nénuphar
       je glapis je souris, toutes les dents m’en tombent – la vie est morte et moi je fais semblant
       faire semblant épuise le doute, décloute un christ, rend le probable nécessaire
       faire semblant mérite un pneu…

    un chien s'enlise
    30 mars 2016

  • il y avait du brouillard ce matin, sur la route de Moulins

       enfin tu ris, resplendissante évanescente, enfin la peur desserre son écumante mâchoire de sus l’aiguille d’une cheville, le fragile astragale
       enfin tu danses, sans mal y penses, libertine tu gambades, haleine du troupeau, souvenir enfoui à propos resurgi
       – il n’y a d’autre raison…

       soleil, truand, petit soleil truand, pâle phallus de novembre, redescends donc d’un cran
       s’enivrer dès midi c’est peut-être gâcher sa journée, déclarer beau forfait, préparer son naufrage – mais c’est d’abord réussir son zénith, saborder l’ovaire clair d’un faux ciel de novembre, piètre vivant, pâle contrefaçon d’un bonheur récurrent 
       mourir à contre-cœur je n’en veuilles pas – alors tu vois?

       ça sent bon, tu sens bon, elle sent bon – ce glissement de tu à elle, du je au tu, tue-moi donc si je peux
       elle tire sa langue au prédateur, petite langue – on prend ça pour une simple rumeur alors qu’en fait c’est mon vélomoteur 
       il me sert dans les montées, il me sert dans les descentes – la petite coquine avec ses nattes, là, ses fines nattes,
       m’exaspère 

       tu ne m’aimes pas, je sais que tu ne m’aimes pas mais ça ne fait rien, on m’avait prévenu ça ne fait rien
       je te tends un peu d’herbe, tu hésites un moment, tu renifles tu soupçonnes… je te tends un peu d’herbe ça pourrit doucement dans ma main
       j’ignore pourquoi je suis heureux, ma tombe grande ouverte je suis heureux

       ce n’est pas de dieu dont je me suis lassé mais de mon amour pour lui – cet amour si mesquin, grandiloquent et bénin
       je n’ai pas les yeux d’être ébloui, pas la gentillesse spontanée d’une amante de passage – je n’ai pas grand chose de bon en fait, j’aurais du m’en sortir,
       aller dormir ailleurs ou ne pas la toucher, me mentir à moi-même comme toujours en disant ça fait rien, allez va ça fait rien…

       l’écaille tombe du dos, la ligne déraille de la paume – s’effile une tristesse… demain n’aura raison de rien
       quelques roses rouges, plutôt miteuses, perdurent jusqu’en décembre au rosier sous ma f’nêtre – ça a l’air de rien, mais la ressemblance est bluffante
       qu’ajouter à cela? je suis passé à l’épicerie ce matin – une voix inconnue m’a dit six soixante-quinze 

    il y avait du brouillard ce matin, sur la route de Moulins
    30 mars 2016

  • elle s’appelle nada, parce qu’elle s’appelle nada

      tu n’as plus besoin d’histoire, tu n’as plus besoin de mémoire, tu tournes et tu t’en vas
      je cherche sur la ligne de ma main l’entaille d’un rendez-vous et la ligne en vain saigne
      tu me tutoies comme si tu me connaissais alors même que tu ignores mon nom. tu me dis mais tu n’as pas de nom toi, et je n’ai pas de rendez-vous non plus
      – mais à qui le confierais-je?

      .

      tu me regardes faire, or je ne fais rien. par contre tu m’entends dire, même si ce que je dis n’a pas vraiment d’ombre, ou bien n’est que l’ombre d’une chose invisible, qui volerait dans l’air ambiant mais dépourvue de tout poids, de toute masse ou matière
      c’est à ce moment -là que tu me sors il faut bien vivre pourtant

      .

      tout cela semble bien étrange vraiment, bien étrange pourtant. je parle d’un homme et cet homme se confond à son reflet sur la vitre, ou au bruit d’un moteur dans la cour. je parle d’une femme et cette femme vit totalement en dehors de son corps, comme exclue de sa voix

      .

      je ne peux rien faire d’autre que ce que je fais et je ne peux pas ne pas être non plus, même en me tuant
      en de rares occasions certes je pourrais intervenir, cependant je m’en abstiens de crainte d’engendrer l’irréparable, aux conséquences imprévisibles
      alors je pêche sans appât, je pêche sans bouchon je pêche sans rivière, attendant que ça morde…

      .

      je n’aurais jamais du quitter belgrade, et tout ce que je n’aurais jamais du faire me condamne à une forme de vie sous respiration artificielle, aux pâtes alimentaires, au semblant d’exister je n’aurais jamais du, dis-je,
     quitter belgrade, ni le bord de la mer…

      .

      à l’ère de la profusion quelqu’un découvre la famine et ut lui serres la main, un peu comme on tord le cou un vendredi à la bestiole qu’on va manger le samedi
      j’ai envie de te faire quelque chose de sale et d’humiliant parce que le seul moyen à ce stade de survivre c’est de me souiller, de me souiller définitivement, qu’il n’y ait point de retour…

      .

      on meurt bien-sûr, on meurt, mais juste un peu au-dessus flotte la littérature
      un individu c’est qu’un individu, ça n’importe pas. n’importe que le hasard de dieu à s’accomplir à travers lui, nous, moi – toi, ma chatte
      et tu sais que je t’aime bien, que jamais ça ne pourra suffire mais qu’il n’y a rien de plus que ça
      alors vas t’en
      

    30 mars 2016

  • Dame-pipi

      tu n’as plus besoin d’histoire, tu n’as plus besoin de mémoire, tu tournes et tu t’en vas
      je cherche sur la ligne de ma main l’entaille d’un rendez-vous et la ligne en vain saigne
      tu me tutoies comme si tu me connaissais alors même que tu ignores mon nom. tu me dis mais tu n’as pas de nom toi, et je n’ai pas de rendez-vous non plus
      – mais à qui le confierais-je?

     

      tu me regardes faire, or je ne fais rien. par contre tu m’entends dire, même si ce que je dis n’a pas vraiment d’ombre, ou bien n’est que l’ombre d’une chose invisible, qui volerait dans l’air ambiant mais dépourvue de tout poids, de toute masse ou matière
      c’est à ce moment -là que tu me sors il faut bien vivre pourtant

     

      tout cela semble bien étrange vraiment, bien étrange pourtant. je parle d’un homme et cet homme se confond à son reflet sur la vitre, ou au bruit d’un moteur dans la cour. je parle d’une femme et cette femme vit totalement en dehors de son corps, comme exclue de sa voix

     

      je ne peux rien faire d’autre que ce que je fais et je ne peux pas ne pas être non plus, même en me tuant
      en de rares occasions certes je pourrais intervenir, cependant je m’en abstiens de crainte d’engendrer l’irréparable, aux conséquences imprévisibles
      alors je pêche sans appât, je pêche sans bouchon je pêche sans rivière, attendant que ça morde…

     

      je n’aurais jamais du quitter belgrade, et tout ce que je n’aurais jamais du faire me condamne à une forme de vie sous respiration artificielle, aux pâtes alimentaires, au semblant d’exister je n’aurais jamais du, dis-je,
     quitter belgrade, ni le bord de la mer…

     

      à l’ère de la profusion quelqu’un découvre la famine et ut lui serres la main, un peu comme on tord le cou un vendredi à la bestiole qu’on va manger le samedi
      j’ai envie de te faire quelque chose de sale et d’humiliant parce que le seul moyen à ce stade de survivre c’est de me souiller, de me souiller définitivement, qu’il n’y ait point de retour…

     

      on meurt bien-sûr, on meurt, mais juste un peu au-dessus flotte la littérature
      un individu c’est qu’un individu, ça n’importe pas. n’importe que le hasard de dieu à s’accomplir à travers lui, nous, moi – toi, ma chatte
      et tu sais que je t’aime bien, que jamais ça ne pourra suffire mais qu’il n’y a rien de plus que ça
      alors vas t’en
      

    Dame-pipi
    30 mars 2016

  • tombe des nues

      un verre, un verre à soif
      quelque part là, coincé entre deux anses, la forme vague d’un homme
      j’aboie puis je me mords, la queue s’entend, j’essuie une paresse
      quelques mots tentent de m’absoudre
      – sans grand succès…

      .

      je suis le corps d’une idée sans raison. j’arrache un à un les poils de ton pubis en ânonnant un peu, beaucoup, passionnément, ne me faisant guère d’illusion quant à l’issue du combat
      avec obstination je persiste dans l’idée probablement erronée 
      qu’être
      dénote un état suicidaire chez le patient confiné sous l’abri-bus
      par une averse malvenue…

      .

      que les choses soient claires: on ne voit vraiment loin que dans l’obscurité la plus totale, alors qu’aucun objet ne vient obstruer la vision, aucune clarté l’éblouir 
      afin de pleinement voir il ne faut rien voir – dans le néant absolu s’épanouit la conscience limpide
      de n’être que la vision sans fin ni cause
      de son propre néant.
      en d’autres termes, la soif d’absolu ne peut être bue et étanchée que par cette même soif d’absolu

      .

      il fait toujours froid au-delà de mon souffle, de ma pensée, de mon corps
      fermer la porte ne suffit pas, je tourne la clé dans la serrure, je ne sais que faire de plus
      si ce n’est regarder en moi exploser chaque mine sous le poids-même de mon regard,
      ou pencher du côté où ça flanche, solidement appuyé sur la chute afin de ne plus y succomber
      – j’avale vivantes des grenouilles, en quelque sorte…

      .

      tu ne me pardonnes pas
      d’ailleurs je n’y tiens pas – j’ai besoin de ton désaveu
      j’ai besoin de ne plus pouvoir te parler, de ne plus pouvoir comprendre quiconque
      j’ai besoin de me défaire de la souillure de l’histoire, de mon histoire, de toute histoire
      – qu’une comète explose en abordant l’atmosphère, bute sur une femme stérile, éjacule avant même de l’avoir pénétrer, c’est à peu près normal
      ce qui est surprenant c’est que celle-ci en soit tombée enceinte…
      

    30 mars 2016

  • celle qui s’en va

      il s’en va
      pressé de rien
      pressé de rien comme au premier
      départ

      une poignée de vent lâchée au vent
      une odeur de terre à la terre rendue
      il s’en va
      pour un autre chemin

      un chemin hors destin, à la marge
      un chemin pour aller, s »en aller
      et ne plus jamais se, s »en
      retourner

      .

      c’était une autre vie, une autre vie dans la mesure où les racines pour la frondaison constituent une autre vie, dont l’aveu s’avère aussi nécessaire qu’angoissant
      cordon ombilical nous liant aux ténèbres originelles, écho d’un cri jamais éteint, jamais tout à fait ravalé, le récit d’une trahison, d’un point G de la géhenne – du drame intime le clou dont on lèche la pointe jusqu’à s’en déchirer tendrement la langue
      et choper l’tétanos

      .

      il y a des pelletées – et c’est surtout les dernières – qu’on a bien du mal à soulever, plus encore à vider
      des morts qu’on n’arrive pas à enfouir définitivement alors on reste là comme un con, pelle à la main, rame en suspens
      attendant l’heure navigable, l’heure
      de la rejoindre

      .

      les lettres
      qu’on adresse à nos morts (c’est à dire à ceux dont nous sommes les morts)
      flottent dans l’air, soupirent faiblement
      nous levons de grands silences, les yeux se fendant face au jour
      d’où nul espoir ne se profile, ni de retour
      ni d’aucune délivrance…

      .

      ou celui se noyant dans un simple verre d’eau
      quand il ne reste qu’un verre d’eau
      où se noyer…

    celle qui s'en va
    30 mars 2016

  • tu m’achètes un jouet, je le casse

      le cheval
      penche toujours un peu d’un côté

      je n’aime pas
      une fille

      manque l’arbre
      où se pendre

      mais le pendu s’en fout, lui
      qui balance

      à l’infini n’en finit pas de
      se balancer


                *


      première, première dansante
      sur le rebord
      précisément

      les tuiles
      sur les tuiles
      ne font pas toit

      je t’implore, néant
      entre mes mains
      tu les réchauffes à peine

      je vais encore
      putain je vais encore
      mourir de travers


                *


      tu crois qu’il y a un espace mais il n’y a pas d’espace

      tu embrasses la vitre sur la bouche, tu te prends pour un homme

      tu te prends pour une vitre

      derrière l’hiver, devant l’hiver

      entre les deux tu sombres, tu sombres carrément 


                *


      un jour un chien
      m’a mordu

      j’ai pas de vie
      j’ai pas de vie à moi

      un jour un chien
      m’a pissé d’sus

      il était l’heure du matin
      j’avais faim

      maintenant je m’en vais
      exactement comme qui

      je m’en vais n’a nulle part
      où aller


                *


      ton chien, dis à ton chien d’
      arrêter de me mordre

      elle est mort, elle est morte
      de tout temps

      il pleut, il pleut pourtant
      ou s’il pleut pas, il ne

      tardera pas

    tu m'achètes un jouet. je le casse
    30 mars 2016

  • et j’ai pas les oiseaux

      il y a quelque chose d’ambulant, d’ambulant ou d’ambulant pas, une roue qui a du mal à tourner, qui peine à se désembourber
      toute la vie devant soi, toute la vie derrière soi, et au milieu le trou du cul de dieu, l’anus théogonal, la mort en petites lettres, la distance du rien au rien nous traversant sans rencontrer d’autre résistance que celle d’un cri, dérisoire témoignage dune poupée qui fait non, d’une poupée qui fait oui, d’une poupée-marie…

      .

      lumineuse amertume. un peu comme un mendiant dégustant un croissant tout en continuant à tirer sur sa clope. tout feu cependant ne fume pas: quelques pas de plus et c’est déjà l’élégance du désespoir, l’écriture rageusement éthérée d’un nuage au fin vent…

      .

      j’ai même dormi sur la pelouse des jardins d’un roi. la porte de la reine resta sourde à mes grattements comme à mes couinements d’insecte. un garde bourru finalement me chassa dudit jardin, tel que préconisé dans le livre
      un peu plus tard une antigone de passage recouvrit ma dépouille d’une poignée de cendres. il est des gestes révélant toute l’épaisseur du mystère, le rendant plus intensément présent plutôt que de prétendre vainement l’élucider – allume une chandelle et l’obscur aussitôt se transvase au-dedans…

      .

      on ne voit pas la chaise sur laquelle on est assis, et qui nous colle aux fesses sans même qu’on y pense. on fait mine de se lever, d’ébaucher quelques pas dans une direction prétendument préméditée et dûment souhaitée, alors que c’est tout simplement la chaise qui nous porte et nous déporte selon sa nécessité propre
      … à moins que l’on n’en tombât malencontreusement, ou qu’un nain malveillant n’en sciât un pied, nous culbutant ainsi par dessus bord et nous faisant perdre le nord
      mais je vous l’assure je vous rassure: le sexe n’y est pour rien

      .

      nombreux ceux parmi nous vivant sous un régime de terreur, et bâtisseurs de digues afin de contenir leur panique dans le cadre d’une intimité branlante
      parfois cède une digue – est-ce là le signe indubitable de la sincérité? la sincérité suppose le sentiment d’une vérité intérieure, château de cartes par grand vent, carte des vents agrafée sur la peau d’un ciel meuble –
      et j’ai pas les oiseaux

    30 mars 2016

  • sordide entrenfant, enfant de l’entre-soi

      ton enfant est un homme mort. j’ai toujours la sensation de parler de l’instant vide, autour duquel tourne ma/la vie
      je préférerais ne pas avoir de sexe, qu’il n’y ait pas de sexe – alors aurais-je une chance, infinitésimale mais radieusement nécessaire,
      de te plaire, de t’atteindre…

      .

      la nuit comme la nuit c’est un saut à l’élastique, se frotter les dents avec du savon plein les doigts à moins que, à moins que
      l’immensité, d’une façon ou d’une autre, ne trouve son chemin à travers le labyrinthe de nos égarements successifs
      – elle a signé ma porte d’une croix blanche…

      .

      la réalité manquant de séduction, nos rêves débandent
      j’ai un respect quasi religieux pour les suicidés, ces saints méconnus de la plus pure contemporanéité 
      alors que moi je me satisfais d’un rien – au fond j’ai juste peur d’attraper froid…

      .

      j’aime les hommes, les hommes qu’une ombre…
      toute la dignité de leur douleur, j’aime les hommes
      qui pissent de travers, ivres quand ils rient
      à l’idée de mourir, amoureux, éperdument amoureux
      tandis que tout s’effondre…

      .

      les hommes s’ennuient, les hommes s’en foutent de toute façon
      près d’un orage un ciel dormait, et il dormait de toute façon
      on a cru un instant qu’il allait se mettre à chialer mais non, tout compte fait il s’est mis à
      dormir – maudit soit-il !

    30 mars 2016

  • panneau horaire

      l’humilité de n’être que soi, le jus extrait de la pomme broyée…
      volcan éteint sommeil troublé, un tout petit vertige – un vertige
      qui pleure debout

      .

      toute une vie durant…
      il y a l’éternité du temps, à laquelle succède ou se superpose
      l’éternelle pensée du temps – j’avais envie de t’embrasser
      disparurent l’élan, les lèvres, l’envers d’un soi-même
      – comment donc est-il possible que cette envie de t’embrasser
      ait survécu à tel naufrage ?

      .

      t’as vu d’instinct, t’as vu les choses bouger ?
      t’as entendu les chiens hurler, tes propres cellules se faire hara kiri, se régénérer, s’éteindre ?
      j’ai peur debout j’ai peur assis, attila dans mon slip

      .

      on mentira comme on pourra, on rêvera comme on respire – plus tard on s’entendra
      sur le fond comme sur la forme
      la vie qu’on mène est celle qu’on sème, or on n’a rien semé du tout, des graines jetées au vent maudit

      .

      je me suis rasé les lèvres, la bouche, le gosier, il ne reste rien en moi que l’horripilation
      d’être né, d’être là, de disparaître dans l’abîme de chaque pensée du fond duquel je me hèle, me harcèle…
      alors je me bourre la gueule, et quand le soulagement fait enfin pleinement corps à la déception je reste là, debout,
      immobile face au panneau horaire
      des tombes…

    panneau horaire
    30 mars 2016

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