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assis là sur un banc


  • niveau de transcendance

      éventuellement j’ai mon bouddha, assis là mais d’une seule
      souche

      je sombre quelquefois. pleinement somnolent je pense à avant
      qu’il n’ai été trop tard

      pas d’heure ni creuse, pas de refrain débile – qu’un cri immaculé lancé
      par-devers la mort-mange

      je ne t’emmènerai pas danser non, je ne t’emmènerai pas danser. il pleut d’en rester là non
      il pleut sur un seul pied

      tous ces bruits dans la tête où les courants s’empilent
      l’éternité n’ayant de sens, tu crèves

      d’où qu’elle m’appelle, d’où qu’elle m’appelle je fais la grue, à l’affût
      d’un reflet m’étant propre

    13 décembre 2024

  • chien chacun

      le plus vieil ami du rail – tes rideaux m’ont planté
      raide là, et nu, en position clou rouillé

      truffé de mots, s’ils ne rendent comptent, et le trou au milieu, le trou tout nu
      le trou dans l’nu

      tout mon chien comme si quelqu’un l’avait pas vu comme si quelqu’un n’était
      même pas venu

      savonne les traces, incruste les ongles dans le dos large du
      néant, le dos du néant-va

      mourir d’un côté puis de l’autre, ne plus savoir de quel côté on se trouve ne plus posséder de
      côté – mourir quand même, oui mais à quoi ?

    10 décembre 2024

  • flirting with kaho matsui

      présenté à l’atlas, ce lieu non-dit, cette absence affûtée
      et moi je me dis que

      participe du train, or le train ne passe pas
      le train ne passant pas ne s’arrête pas
      c’est la grève perpétuelle

      le moyen d’en finir or
      on ne s’habitue pas à la mort, on sombre du côté nord et voilà :
      il pleut partout sur mon corps mouillé

      je parle d’un trou bâclé, d’une bande-son grêlée. j’apporte du souci
      sur un plateau à mon ennui

      je ne me souviens plus de qui je suis, j’éjacule et c’est fini – c’est fini
      avant même éjaculation d’ailleurs l’alsace
      ne me fait plus bander

    7 décembre 2024

  • j’alléluia partout

      bu de trop bu, clairière sur le côté
      mon âme cédille, mon âme trébuche
      le son si bas que l’entité implose

      la nuit bourre-moi les poches – je m’inspire d’une fuite, d’une faillite
      la dent du haut à droite, tendre molaire, on va attendre sagement qu’elle tombe

      petit a, les crevures mortes
      petit a’ les pelures shortes, on en a plus pour longtemps
      longtemps, ça c’est un rêve de squatteur

      purule-express, j’efface dieu me reste un train
      aveugle
      à la minute près
      cette mince épaisseur de présent suffisant à nous distinguer du néant

      recule devant son ombre, traite son sexe de mignon
      j’alléluia, j’alléluia tout l’temps, partout j’alléluia
      et toujours rien…

    4 décembre 2024

  • vieux comme la vache

      pas l’ombre d’un doute sur moi planant, pas l’ombre d’une
      certitude. le présent vit du présent vit, principe de merde
      douleur aiguë

      dans ma section on pleure, dans ma section on pleure tout l’temps faut dire
      que sur ma section tombent les bombes, les assurances privées
      et autres déchirements

      la peur va dans l’bon sens, le trou s’effondre sur lui-même
      un homme meurt pour rien :
      pas de pizza pour lui ce soir

      j’avance d’un trou, déhanché du canard
      si on s’appelle comme ça c’est qu’on s’appelle comme ça, rien à y faire
      rien à y répondre non plus, déhanché du canard

      la dernière fois que j’ai dit blanc allais-je mourir, ou étais-je déjà mort ?
      trépassé pour trépassé, je caresse ma misère j’urine
      dans ma robe de mariée

    1 décembre 2024

  • la tronche

      aman en pierre, hiéroglyphes sur chewing-gum – chacun son peur, chacun son purulent
      dortoir des filles

      la pluie ivre de moi, je la pousse sur le côté, la pluie ivre de moi
      tout le sport m’abandonne

      on dit si peu. c’est un trou dans la mort, une plaie au milieu. qu’on arrête alors
      de se raconter des histoires

      avec ça je vais même pas pouvoir donner à boire à mon ch’val. tout juste enfoncer la tête dans les épaules tandis que
      tombent les bombes

      courage, il pleut. les noces sont remises à un quelconque après-sarajevo. tant cela manque de structure tant ce la manque
      d’amour enfin propre

    28 novembre 2024

  • elles ploient sous le chagrin

      on n’fait rien on s’en va
      on fait mine de rester là alors qu’au fond on s’en va
      s’en va vraiment, là. le jouet à la surface
      et la mer tout au fond

      je m’tiens bien. je n’ai pas vu venir le deuil, mais je m’tiens bien
      quelqu’un me porte sur ses épaules, disons un défunt
      j’augmente le chauffage, disons que c’est de saison

      on capte pas la radio – le tunnel si long…
      un jour je mets mon costume du dimanche, la mer de plus en plus froide
      je reviens. même s’il n’y a nulle part où revenir, je reviens

      cette béquille-là…
      j’ai jeté le chemin, j’ai gardé la béquille
      manque un sens à l’endroit, un envers au revers
      d’abord tombent les mots. ça commence par les mots
      la chute sans le vertige

      j’enlève mes trois pulls et je cours nu dans la neige, ça n’arrive qu’en rêve
      je n’arrive qu’en rêve. partout ailleurs et le reste du temps, je pars
      c’est même pas triste

      je mange mes mains
      toi tu dis allez mange pas tes mains, mais moi je mange mes mains
      c’est une ville
      une ville grandiloquente
      et j’y peux rien dedans

    25 novembre 2024

  • ma cendre, mes os

      qu’ils prennent exemple sur
      la nuit des corps, or
      ça n’existe pas

      traînée derrière traînée, pas mort
      pas mort devant
      pas mort debout

      un lieu tout au milieu
      d’un lieu, et la mort au-dedans
      clin d’œil du néant

      feindre
      feindre et refeindre or
      ça n’existe pas

      l’homme de loin l’homme
      de rien, mais loin
      à presque bout portant

      on s’en va pas
      on est trop triste pour ça alors
      on s’en va pas, sans retour

      je n’ai pas l’eau
      courante, seul me caractérise un
      charnier – ils sont tous morts dedans

      il y a une pute
      parmi les morts – par elle à eux
      reviennent-ils, substantiellement

      la mort ça n’a que deux
      entrées
      l’histoire d’un trou maubeuge

    22 novembre 2024

  • plutôt pleuvoir

      être là n’a pour fonction que de ne pas être ailleurs, avec ses bâtiments pourris, ses plages à l’infini…

      et tenant tout entier dans un mouchoir de poche, je me retiens d’éternuer – je me retiens, tout simplement

      granville sous la pluie et le banc bien au sec. bon. on tentera de rallier l’épicentre. et encore bon

      tomber du lit, s’asseoir sur ses genoux – ça commence mal
      je n’ai strictement rien à dire : je jette un drapeau en l’air, le temps qu’il ne retombe…

      au final le processus conduit toujours à un résultat semblable : il manque un bouton. à tout ce qui vit, il manque un bouton

      les sens possibles, surgissant du seul sens impossible – essuyer ce genre d’ennuis-là, cancrelats de la sacro-sainte inoccupation

      je pense quelque chose de plus, m’est rendu quelque chose de moins. on ne s’entendra pas mourir, ni le crac

    19 novembre 2024

  • chez moi d’un long baiser

      dans la nuit du jour ni dans la boue sanguine, je n’change rien – je n’change rien à tout c’qui bouge

      on s’entendait mal : le vent, l’épaule et par-dessus l’épaule, le large…
      on s’entendait mal, si épais se massait le silence…

      un mètre cube, genre un mètre cube, ou de quoi tenir quelques jours – contre le froid, la grêle, les esprits affamés…

      on s’embrasse un jour un autre on ne s’embrasse pas. ça finit de toute façon par un régulier lavage de dents. l’éternité s’arrête là

      j’ai mal au crâne. j’ai mal à tout ce qui réfléchit, à tout ce qui stagne. j’ai mal en tout, partout, jusqu’au bas bout du bord

      sur ma page n’est nulle part fait mention d’une quelconque altercation. j’aurai donc vécu sans heurt, sans ambition, les seins minés

      chez moi d’un long baiser. j’ai l’exil pratique, les yeux me piquent un peu. puis toute la mort rentre dans l’ordre, comme initialement prévu. ou chez moi d’un long baiser

    16 novembre 2024

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