on n’embrasse pas les vieux silences, on les enfouit dans l’invérifiable. indéniablement la mer se rapproche ou s’éloigne de nous, selon le sens ou nous nous tournons, girouettes en plein sommeil. j’ai rêvé de ma mère. elle était petite fille, n’importe quelle petite fille, et s’occupait de moi comme d’un poupé plastique, grandeur nature et au système capillaire développé normalement comme chez tout être humain de sexe mâle, depuis d’innombrables générations déjà
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ne confondons pas le temps avec les choses – ça pourrait porter malheur. et ce qu’on trouve dans l’herbe, il vaut mieux ne pas le ramasser, même si c’est un poisson, rouge en l’occurrence. en toute circonstance il est préférable de passer son chemin et ne pas faire de nœud
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j’ai faim d’un silence étourdi. j’ai beau le dire, le répéter le crier, tu ne me réponds pas. tu fais semblant de ne pas m’entendre, alors que des confins de l’univers à la commissure des paupières, tout se fait l’écho de ma détresse. je voudrais te regarder nue, là, à l’instant
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le hochet qu’on te fourre dans la bouche ne suffira pas à tromper ton ennui, tu serres quand même les dents et tu secoues la tête. c’est con un poème, affirmes-tu présomptueusement et de molle conviction, tout en tranchant le fil ténu mais tendu quelque part entre la main serrée et le vent qui s’oublie…
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la dernière fois que je l’ai vue, elle ne m’a pas reconnu. alors je me suis servi seul à la cafetière qui penchait vers moi. sous mes yeux trempaient ses jambes baladeuses, mon regard accrochant l’effilochure du collant. elle aurait pu m’adresser la parole au moins. il arrive qu’on adresse la parole même à des inconnus, malgré ou du fait justement que ce soient des inconnus…



